Journées du Matrimoine 2026, recherche

« 3 tables rondes de paroles, d’échanges et de points de vue et d’explorations sonores dédiées à la part féminine de la création musicale. » journées du matrimoine 2026 — la recherche par ·pointbreak  Voici trois tables rondes pour considérer le matrimoine musical non comme un inventaire, mais comme un problème très contemporain : qui accède à la pratique, qui transmet, qui devient visible, qui produit les récits — et quelles institutions finissent par les consacrer. Du jazz au prisme du genre aux relations parfois peu paisibles entre politiques publiques et contre-cultures, avant de déplacer le regard vers les musiques populaires, le lyrique et de nouveaux objets de recherche, artistes, chercheuses, journalistes et professionnelles confronteront savoirs, expériences et méthodes.Il sera question de transmission, de pouvoir, de représentations, de carrières et de légitimité. Bref, de musique — dès lors qu’on cesse de faire comme si elle tombait du ciel. .voir la plaquette .voir l’agenda .écouter la playlist vendredi 18 septembre l’Ours Pimpant, 40 rue Amiral Roussin13h-17h • Concert et tables rondes avecSophie Benard, autrice et journaliste — Marianne Chauvin, musicologue — Selma Namata Doyen, musicienne, rédactrice et chercheuse en sciences sociales — Marine Flèche, musicienne et pédagogue — Laura Hanequand, chargée de mission au sein de Grands Formats — Valentine Leboucher, consultante dans le secteur culturel — Christine Martin, adjointe au maire de Dijon déléguée à la culture — Anouk Petitot, animatrice productrice de radio – Raphaëlle Tchamitchian, journaliste, autrice et enseignante. Tables rondes organisées en partenariat avec le Centre de Recherche en Gestion des Organisations (CREGO, Université Bourgogne Europe) et  le laboratoire Littératures, Imaginaire, Sociétés (LIS, Université de Lorraine), avec le soutien de la Région Bourgogne-Franche-Comté (Aide aux projets égalité-citoyenneté), de l’Ours Pimpant et de Radio Dijon Campus. Tarifsaccès gratuit à toustes.sans réservation. Tables rondes organisées en partenariat avec le Centre de Recherche en Gestion des Organisations (CREGO, Université Bourgogne Europe) et le laboratoire Littératures, Imaginaire, Sociétés (LIS, Université de Lorraine). 13h • Marine Flèche & Selma Namata Doyenduo de batteries issu de la battle matinale Marine Flèche et Selma Namata Doyen sont deux frappeuses. Esprits, café, poings serrés. Tout converge à faire de leur punch des territoires sonores familiers et hypnotiques. Frappés du coin du bon sens. Elles se découvrent ici en direct, baguettes en main. Cette Battle, entièrement improvisée le matin, sans partition, sans filet et sans contentieux préalable, devient un dialogue courtois ou un très élégant fracas. Selon l’humeur.  13h30 • ouverture avec Christine Martin et Selma Namata Doyen 14h • échange n°1 : Le jazz au prisme du genre : transmettre, créer, rendre visibles Le jazz constitue un observatoire particulièrement éclairant des mécanismes de genre à l’œuvre dans les mondes professionnels de la musique : accès aux instruments, apprentissage, réseaux, programmation, légitimité artistique et fabrication des récits.Alors que dispositifs d’accompagnement, actions pédagogiques et initiatives professionnelles se multiplient, cette table ronde propose de déplacer la question de la seule visibilité vers celle des conditions qui la rendent possible. Car programmer davantage de musiciennes est une chose ; transformer durablement les mécanismes qui déterminent qui apprend, joue, compose, dirige, transmet et finit par entrer dans l’histoire en est une autre. Comment passe-t-on, en somme, de l’exception visible à une transformation ordinaire du milieu ? intervenantes : Marine Flèche et Raphaëlle Tchamitchianmédiatrice : Anouk Petitot 15h15 • échange n°2 : Entre institutions et contre-cultures : quelles politiques d’égalité pour les femmes en musique ? L’égalité dans les mondes de la musique ne s’est pas construite dans un seul lieu : elle procède autant des politiques publiques que des scènes indépendantes, des collectifs féministes, du punk et des cultures DIY — espaces qui n’entretiennent pas toujours avec l’institution des rapports d’une tendresse excessive.À partir notamment des trajectoires de deux batteuses issues de générations et de scènes différentes, Christine Martin et Selma Namata Doyen, cette table ronde interrogera ce que les contre-cultures ont permis aux musiciennes d’inventer, mais aussi ce que l’institution peut — ou ne peut pas — reprendre à son compte.Que devient une politique d’émancipation lorsqu’elle entre dans l’institution ? Et, question légèrement plus embarrassante : que devient l’institution lorsqu’elle la prend au sérieux ? intervenantes : Christine Martin et Selma Namata Doyenmédiatrice : Laura Hanequand 16h15 • échange n°3 : Décentrer les regards : nouvelles scènes, nouveaux récits Penser les rapports entre musique et genre suppose aussi de changer d’objet et de point d’observation. De la figure très sexualisée de la groupie aux politiques féministes et queer qui travaillent aujourd’hui la scène lyrique, les mêmes catégories — artiste, public, œuvre, légitimité, désir — changent profondément de sens selon les répertoires et les institutions.Cette table ronde propose donc de confronter les cultures de fans et la scène lyrique contemporaine afin d’interroger la manière dont se construisent, circulent et parfois se défont les représentations genrées.Décentrer le regard, ici, revient aussi à se demander qui l’histoire de la musique a jugé digne d’être regardé — et qui elle a préféré laisser au vestiaire. intervenantes : Sophie Benard et Marianne Chauvinmédiatrice :Valentine Leboucher

Journées du Matrimoine 2026

« 3 journées de paroles, de concerts et d’explorations sonores dédiées à la création musicale féminine. » journées du matrimoine 2026 ·pointbreak avec ici l’onde – cncm Les Journées du Matrimoine s’invitent comme un pied de nez au cœur des Journées du Patrimoine, événement d’ampleur européenne. De la rue à l’église, du musée à une bibliothèque en passant par un fort militaire, ces journées musicales réinvestissent l’espace public, trop marqué par la domination patriarcale. Mettre en avant le travail de musiciennes et improvisatrices d’aujourd’hui apporte une autre lecture de notre histoire, et invite à la reconsidérer à la lumière nécessaire des changements sociétaux en cours. Trois journées sonores imaginées par leurs actrices avec lucidité et exigence triplées une liberté inaltérable. .voir la plaquette .écouter la playlist 3 journées de paroles, de concerts et d’explorations sonores dédiées à la création musicale féminine•avecMarine Flèche, Selma Namata Doyen,Claire Gapenne et Sylvaine Hélary Tarifsl’accès à tous les concerts et tables rondes est  gratuit,jauges limitées, réservation conseillées. Réservationspour le 18 septembre : cliquez icipour les 19 et 20 septembre : cliquez ici Ces journées sont organisées avec le soutien de la Région Bourgogne-Franche-Comté (Aide aux projets égalité-citoyenneté), des Affaires Culturelles de la Ville de Dijon, du Centre de Recherche en Gestion des Organisations (CREGO, Université Bourgogne Europe) et le laboratoire Littératures, Imaginaire, Sociétés (LIS, Université de Lorraine), de Radio Dijon Campus, de l’Ours Pimpant et du Crédit Mutuel agence Dijon Théâtre Mirande. agenda des concerts vendredi 18 septembre Parvis de Notre-Dame11h • Marine Flèche vs Selma Namata Doyen, Batterie Battle Marine Flèche et Selma Namata Doyen sont deux frappeuses. Esprits, café, poings serrés. Tout converge à faire de leur punch des territoires sonores familiers et hypnotiques. Frappés du coin du bon sens. Elles se découvrent ici en direct, baguettes en main. Cette battle est entièrement improvisée le matin, sans partition, sans filet et sans contentieux préalable. Plus tard, en ouverture de nos deuxièmes Journées de Recherches, leur première conversation prendra la forme d’un dialogue courtois ou d’un très élégant fracas. Selon l’humeur. Les deux percussionnistes remettent l’ouvrage sur les fûts pour effacer le duel au profit du duo. Mêmes sets de batteries, mais désormais la mémoire est commune — certes récente, donc encore peu encombrante mais suffisamment vivante pour commencer à chercher, pas encore assez pour se prendre la tête. Marine Flèche et Selma Namata Doyen, batteries • 35 minutesConcert proposé par ·pointbreak vendredi 18 septembre l’Ours Pimpant, 40 rue Amiral Roussin13h • Marine Flèche & Selma Namata Doyen Marine Flèche et Selma Namata Doyen sont deux frappeuses. Esprits, café, poings serrés. Tout converge à faire de leur punch des territoires sonores familiers et hypnotiques. Frappés du coin du bon sens. Elles se découvrent ici en direct, baguettes en main. Cette battle est entièrement improvisée le matin, sans partition, sans filet et sans contentieux préalable. En ouverture de nos deuxièmes Journées de Recherches, leur première conversation prendra la forme d’un dialogue courtois ou d’un très élégant fracas. Selon l’humeur. Les deux percussionnistes remettent l’ouvrage sur les fûts pour effacer le duel au profit du duo. Mêmes sets de batteries, mais désormais la mémoire est commune — certes récente, donc encore peu encombrante mais suffisamment vivante pour commencer à chercher, pas encore assez pour se prendre la tête. 14h-17h • Journées d’études :Matrimoine de la scène actuellejazz, punk, lyrique et politique détail des Journées de Recherches sur cette page. Le Matrimoine n’est pas seulement une affaire d’archives et de glorieuses figures à réactiver. Le mot même est équivoque, on pourrait lui préférer celui-ci ‘légacie’, plus juste quant à la création qui appartient aux femmes. Il ne s’agit pas de réparer des oublis mais de connaître et de célébrer ce qui se joue aujourd’hui au sein de la création musicale féminine. Ce qui se transmet, ce qui est entendu, ce qui est raconté — et selon quelles règles du jeu.
Les Journées du Matrimoine 2026, ce sont des journées pour écouter, discuter, déplacer quelques évidences. Il y aura des discussions simples et animées, et des concerts en solo ou à plusieurs, autant de manières d’organiser l’inconnu. Saxophone, voix, percussions, batteries, orchestre, improvisations et tables rondes composent le programme de cette nouvelle édition où faire de la musique et penser ses conditions d’existence relèvent d’un mouvement vif, unitaire et commun. samedi 19 septembre VOISINES – fabriques et ressources artistiques 3 rue Joliet17h • Terrine Claire Gapenne performe sous le nom de Terrine en solo live, avec une boîte à rythmes Elektron Machinedrum. Musique électronique abstraite ou no techno, Terrine propose une musique simple et ludique. Un manifeste anti-consumérisme qui préfère l’écoute imbécile, mais nécessaire, des musiques brutes. Elle prône une musique libre et s’amuse des étiquettes. De l’électronique, improvisée comme du free jazz ou de l’industrielle martial, fragile par contradiction.Claire travaille avec des labels comme bruit direct, tanzprocesz ou third type tape. Elle a collaboré avec des artistes comme Romain Simon, Amédée de Murcia, Amandine Testu, Jean Detrémont ou Julien Desprez. Elle a dirigé l’Orchestre Inharmonique de Nice en 2019. Terrine s’est produite dans de nombreux lieux et festivals, tels que Les Instants Chavirés, la Cave 12, le Café Oto, les Ateliers Claus, Beursschouwburg, Luff, Schiev, ou encore l’UH Fest. Elle est soutenue par Césaré – CNCM de Reims et la Sacem. Claire Gapenne, électronique • 40 minutesconcert proposé par ici l’onde – cncm dimanche 20 septembre VOISINES – fabriques et ressources artistiques 3 rue Joliet15h • Sylvaine Hélary, Friselis Dans ce solo pour quatre flûtes, Sylvaine Hélary invite le public à un moment de douceur, de rêverie et de suspension. Jouant des techniques dites étendues, elle fait entendre des textures de sons soufflés, des bruits de clés, des whistle tones, des harmoniques et d’autres timbres inattendus et subtils. Ces matières sonores dessinent un paysage où le temps semble se dilater. Des pièces composées pour l’occasion, proches d’une musique lente, tissée de mélodies en arabesques, s’y déploient, laissant surgir des envolées, des sursauts et peut-être quelques mots.S’échappant de sa solide formation classique pour plonger dans les vertiges de

Matrimoine 2026, playlist

mettez donc des fillesdans vos playlists des filles dans ma playlist,spéciale matrimoine 26 — playlist Comment mettre toujours plus de musiciennes dans ses oreilles ? Depuis plus d’un an, sur le compte Instagram Des filles dans ma playlist, Charlotte Leboucher met en lumière des musiciennes, des compositrices et des créatrices de talent et combat à sa manière l’invisibilisation des femmes dans l’industrie musicale. Avec cette proposition d’alternative aux algorithmes, elle partage des pépites musicales féminines et invite son audience à diversifier ses écoutes. Pour les Journées du Matrimoine 2026, Charlotte Leboucher cisèle une playlist où les projets musicaux des artistes invitées croisent quelques unes de leurs inspirations musicales féminines. écouter la playlisten cliquant là >  lire la plaquetteen cliquant ici 

ajna, chronique

ajna © DR

« Les émotions affleurent et les productions dissonantes installent un flux continu. La vulnérabilité n’est pas un effet de style, elle structure l’album. » antidote,ajna— chronique —par Antonia Barotphoto © DR 19 juin 2026— Antidote, 18 tracks, 18 raisons d’entrer dans la matrice Ajna. « Bienvenue sur Antidote » lance une entité mi-humaine mi-logiciel à la fin de Gum, track d’intro. Une voix qui ne présente pas un disque mais initialise un système. Difficile de ne pas penser à Laylow période Trinity dans cette manière de scénariser l’écoute. Mais réduire Ajna à cette filiation serait une erreur de lecture. Ce serait passer à côté de ce qui le rend déjà singulier. Derrière ce dispositif, il y a un bagage qui déborde largement du rap. Pink Floyd pour les ambiances, The Doors pour les nappes psyché. Aznavour, Bashung et Barbara pour la culture de la chanson et l’amour des paroles qui infusent dans ses barz. Originaire de Haute-Loire, il n’a pas échappé au virus hip-hop et gratte maintenant ses textes depuis Paris. Avec une productivité presque compulsive, il sort l’année de ses 20 ans trois EP puis enchaîne avec deux albums en deux ans. Arrive Antidote : « J’ai pris du temps pour m’envoler, j’ai pris du temps mais me voilà, comme un chewing-gum resté collé ». L’album donne l’impression d’une introspection non linéaire, saturée de textures, comme si Ajna s’imposait un environnement sonore qui refuse le confort. Les émotions affleurent et les productions dissonantes installent un flux continu. La vulnérabilité n’est pas un effet de style, elle structure l’album. La tracklist monte crescendo vers l’électronique. L’enchaînement Danger / Britney (All Black) opère une bascule : le disque quitte l’intime pour rejoindre le club. Côté featuring, Ajna s’entoure de la crème du rap parisien avec Nes sur Nectar Music et J9ueve sur Premier Essai. Derrière les machines, un panel de beatmakers qui évite l’entre-soi : Lil Chick, passé par les univers de Madlib, Westside Gunn et Talib Kweli ; C Medina, dont les productions empruntent à l’indie rock ; 16bener, présent depuis les premiers projets d’Ajna et Sectra dont les crédits s’étendent de Tiakola à 13 Block en passant par Sonny Rave. Une pluralité de profils qui se reflète dans l’identité propre à chaque morceau du projet. Reste à savoir si l’antidote d’Ajna apaise ou amplifie le trouble. infos +

Jazz à Luz 2026, chroniques

« Dans cette tectonique, où le gel capillaire n’est pas un pré-requis, la lave se joue de douceur avec le scintillement. Virtuose, inimitable, jamais démonstratif et d’une intériorité à faire avaler ses principes à ce bon vieux Sigmund. » à propos du solo de Margaux Oswald. jazz à luz 2026— chroniques vendredi 10 juillet samedi 11 juillet dimanche 12 juillet lundi 13 novembre —par Selma Namata Doyen et guillaume malvoisinvisuel © Rovo— jazz à luz : infos + margaux oswald solo Fiat Luz. En concert d’ouverture dans les Pyrénées, Suissesse exilée chez la Petite Sirène, Margaux Oswald est loin d’être seule sur son rocher. Pas seulement face à la mer comme l’approximait Calogero, mais surtout au grand large d’idées et d’amitiés sonores. Dans son solo, ci passe l’avant-garde européenne actuelle, avec Marta Warelis par exemple, entendue ici même l’an passé, passent quelque anciens comme Mossolov, Roslavets, Liszt et tout ce que le piano aura déposer au creux des paumes de quelques génia·les génies diagona·les. Géniale, Margaux Oswald l’est, d’autorité. Cependant, son solo vous assoit au cœur d’un récit irréfragable sans être péremptoire. Immédiatement hospitalier, sans négliger ni surprise ni humilité frondeuse. Oswald enchaine ses motifs avec une fluidité impressionnante : La touche de pointe avec les grands mouvements, l’obsession rétive contre les accords plaqués. C’est pas mal d’ouvrir un festival par un solo de cet instrument-continent qu’est le piano, joué ici par une de ses plus franche de ses exploratrices. Dans cette tectonique, où le gel capillaire n’est pas un pré-requis, la lave se joue de douceur avec le scintillement. Virtuose, inimitable, jamais démonstratif et d’une intériorité à faire avaler ses principes à ce bon vieux Sigmund. Qu’il prenne le temps de déglutir, la suite avance sur la scène du chapiteau. Ça raconte la fête, et l’empêchement, leurs actualités, pas si éloignées l’une de l’autre. Besoin de déborder et besoin de résister. Ensemble très typé, non-binaire et tirant de cela une joie immensément libre, Baraque à Free prend position.
 collectif baraque à free Sur scène, le collectif organise sa circulation des matières sonores. Les références au free jazz, à la noise, aux musiques de transe, au trip-hop ou à l’électronique cessent rapidement d’exister comme styles pour devenir de simples matériaux de composition. Un motif migre d’un instrument à l’autre, change de timbre, de registre, parfois même de fonction. Les cuivres prolongent les synthétiseurs, les guitares empruntent des logiques de sampling, les traitements électroniques finissent par orchestrer autant qu’ils colorent. Ça fuse de partout. Et pourtant, pas un boulon ne dépasse, qui serait mal vissé. Tout est minutieusement pensé. Deux voix surgissent comme des points de bascule de la forme. Elles redistribuent les masses sonores, déplacent les équilibres et entretiennent une tension qui refuse obstinément le réflexe du climax. On se surprend à marmonner un très scientifique : « bon… quand est-ce que ça pète enfin ? ». La baraque préfère repousser toujours plus l’échéance, de quelques mesures en quelques mesures.Baraque à Free appartient à cette nouvelle génération de musicien·nes qui ne considère plus les esthétiques, les fonctions instrumentales et les identités comme des cases à occuper. Selon ce principe, tout demeure libre, poreux, mouvant, disponible. Et chacun·e peut à loisir et à plaisir redéfinir sa place au sein de la forme commune. ayay 19 h, terrasse du Ti’Pic. AyAy façonne un groove électronique intégralement produit en direct, et sans jamais se contenter des réflexes du DJ set. Cédric Laval, basse électrique et effets, maintient une assise souple et obstinée, déhanché d’un skieur dans les Pyrénées en plein mois d’août. Côté batterie, Amélie Soler Michez travaille les déplacements d’accents avec finesse, préférant la relance au martèlement. Lorsqu’elle présente brièvement le projet, la même précision s’accompagne d’un humour discrètement distillé. Les synthétiseurs et séquenceurs d’Elsa Martinez viennent volontairement cradifier le spectre, lui apportant grain, saturation et aspérités sans jamais brouiller sa lisibilité. À cette heure encore très diurne, le trio paraît conserver une part de son potentiel de débordement. Le dispositif fonctionne à plein régime et laisse deviner une marge de radicalité encore intacte. Annonçant celle, turbulente et ingénieuse du Collectif Coax affairé à sa table de ping pong sonore, plus trad au parc Massoure. fred frith & núria andorrà L’improvisation, ça s’improvise. Presque. Au-delà de ce qui s’entend, il y a ce qui se vit. En soi, et dans la confiance qu’on place au long cours entre les paumes de ses comparses. Et là, tout contrôle doit être définitivement invalidé. Un duo comme celui qui réunit Fred Firth et Núria Andorrà éclaire plutôt pas mal cet état des choses. La musique qu’ils inventent, sans leadership ni programme explicite se joue en souterrain de ce qui nous est permis de voir. C’est beau de voir chacune et chacun avancer dans la matière commune, se laisser portés par la fluidité du set. Techniques maîtrisées au possible, étendues sur la corde raide, le reste est à l’allant. Dans cette puissance tranquille, toujours un peu envie de savoir comment les idées se connectent en secret de tel frappe sèche, de tel accord flirtant génialement avec la limite du juste. Il est heureux cependant que personne ne sache vraiment comment tout cela s’organise, l’oreille vous emporte très vite ailleurs. Au creux d’une conversation entre amis, ouverte, sensible et surprenante. Moment suspendu, posé au coin d’une saison trop chaude, d’une actualité tonnante et dangereuse, ce duo bouleversant sonne comme une fragile pesée d’espoir. Une Petite litanie pour un pays à terre bergeraes Petit lux du dimanche matin pour Luz. Au fil d’une randonnée sonore, Bergeraes se pose dans la nef de l’église de Gèdre. Plus haut Gavarnie tutoie ce qu’il reste de neige rendue fragile par les grandes chaleurs de cet été, ici, plus bas, les voix de Camille Lainé et Luxti Achiary, jouent d’une autre fragilité. Celle, puissante et inépuisable, de la mémoire orale du pastoralisme. Riche d’harmonie et de saillies politiques. Bergeraes puise encore un peu plus profond, dans les témoignages collectés de bergères et de pasteurs de troupailles. Compte des têtes, degrés de

with carla, chronique

with carla

« sont alors remués, avec un soin insolent, le tragique et le vulgaire, le grandiose et la fêlure intimiste, la citation branquignole et l’accord parfait, la musique de fête et la confidence sincère. » with carla,orchestre national de jazz— chronique —par guillaume malvoisinphoto © Maxim François With Carla de Orchestre National de Jazz line-up— Sylvaine Hélary fluteRémi Sciuto alto and baritone saxophones, clarinet, musical sawLéa Ciechelski alto saxophone, fluteHugues Mayot tenor saxophone, bass clarinetSylvain Bardiau trumpetQuentin Ghomari trumpet, flugelhornJessica Simon tromboneMathilde Fèvre French hornFanny Meteier tubaAnne Le Pape violinLaure Franz violinGuillaume Roy violaJuliette Serrad cello, voiceAntonin Rayon piano, Hammond organIllya Amar vibraphone, percussionsSébastien Boisseau double bassMathias Allamane double bassFranck Vaillant drums onj records juin 2026— Graver un disque live restera toujours un peu paradoxal. Enfermer dans le plastique ou le vinyle les imperfections et réussites magistrales ne donnera jamais qu’un aperçu de l’intuition qui a présidé à cette rencontre auditoire/ensemble musical. Mais ce paradoxe est amoindri quand on s’empare de la légacie laissé par Carla Bley. Encore plus quand celle qui s’en empare une musicienne comme Sylvaine Hélary, promue à la tête d’un orchestre national. Est alors remué avec un soin insolent le tragique et le vulgaire, le grandiose et la fêlure intimiste, la citation branquignole et l’accord parfait, la musique de fête et la confidence sincère. Lors du concert dijonnais à l’Opéra de Dijon, pour le Tribu festival 2025, dont quelques extraits se trouvent sur ce With Carla, Lucas Le Texier rapportait ces notes : « L’ombre lumineuse de Carla Bley plane sur cela. Compositrice, pianiste, cheffe d’orchestre, l’iconoclaste Lady a traversé plus d’un demi-siècle de jazz en refusant les hiérarchies : femme dans un milieu d’hommes, satiriste dans un univers qui se prend au sérieux, ironique là où d’autres aiment ériger des monuments. Dans son écriture, lyrique et caustique, dialoguent les mélodie les plus simples et de régulières déflagrations orchestrales improbables ».Et ces déflagrations suffisent à porter ce tribut loin de ceux qui pilonnent le programmation jazz, ces temps-ci. Titré With Carla, ce disque n’est pas qu’un femmage, encore moins un tribute to, mais un compagnonnage passionné, une exploration amusée de la musique de Carla Bley. Là où d’autres, se contentent de prendre la pose du penseur de Rodin pour interroger l’actualité de tel ou tel compositeur de génie, masculin le plus souvent, Hélary plonge des deux mains dans cette musique, remaniée par Sciuto, pour en extraire ce qu’il faudra d’idées et de sensations pour élever un promontoire éphémère à un regard féminin, rageoleur, et amoureux des réunions intergénérationelles d’aujourd’hui. C’est assez chic de voir la « jeune génération » du jazz français tenir la dragée haute aux vieux de la vieille, encore faudrait-il trouver une bonne fois pour toutes qui donc est cette vieille. Entendre Jessica Simon et Fanny Métier sur Wrong Key Donkey, Juliette Serrad sur End Of Vienna, Et Léa Ciechelski, un partout ailleurs. With Carla, concert inaugural imaginé par Sylvaine Hélary pour son premier mandat à la tête du quadra Orchestre National de Jazz, ressuscite ainsi sur disque le bonheur des collages rapides et patients, assemblées comme un bal de fête foraine ou une auberge espagnole. On y croise donc du grandiose, du tragique, du vulgaire, un peu de mélancolie cachée ici ou là. Et, si la sciuto’s touch, toujours très explicite voire démonstrative, le disque sonne clair et lumineux. On balance à chaque écoute entre déséquilibre volontaire et rétablissement maîtrisé, dans un geste politique qui raconte pas mal de choses sur l’époque actuelle, nourrie des découvertes de l’époque où une compositrice-pianiste tenait en riant la dragée haute à quelques vieux de la vieille. infos +

Musicaves 26, chronique

musicaves 26 © DR

« Ouverture des trois journées des Musicaves, année 2026. De grands arbres protègent les têtes sous la chaleur, laissant aux oreilles le soin de la découverte, la joie d’être dérangées, envoûtées, malmenées. » les musicaves 26,jeudi 25.06— chronique —par Lucas le Texier, guillaume malvoisinphoto © DR Ouverture des trois journées des Musicaves, année 2026. De grands arbres protègent les têtes sous la chaleur, laissant aux oreilles le soin de la découverte, la joie d’être dérangées, envoûtées, malmenées.Dans sa scénographie live, le premier concert est prometteur. Sur scène, un trio, La Litanie des Cimes, et un fauteuil. Trône de la chanteuse malienne Mah Damba. Sa voix nous transperce du son et du souffle, avant même qu’on ne l’entende. Quelques secondes nous sépare alors du frisson entendu dans les premières notes de la femme griot. Son timbre de qui nous attrape, mélange ancestral et paradoxal de la nostalgie et de la joie, condensé d’une vie à chanter le récit populaire. Ce groove, car les chants rythment étonnamment le jeu de la Litanie des cimes. Les peintures sonores du trio chambriste épousent à merveille les histoires. Atmosphères hostiles et ambiances cocons se suivent, déroulant le monde par des détours de textures douces et profondes. Par des chemins autour de motifs répétés, accentués, triturés, emmenés ici et là, valsant avec des mini licks pop et trad. Un tout se forme alors, entre tradition et musique liturgique. Un grand tout s’élève, en chambre d’écho d’une voix malienne et d’un trio intimiste que seul l’art de savoir créer la musique permet. Avant, pendant et après ces peintures de l’intime mondial, au fil des bars et des stands de restauration, La Sonora et le trio Chinchivi frappent les demis servis d’accords sud-américains. Voix scandées, percussions sèches, cordes aigües. Pas certain que cela fasse retomber les chaleurs de canicule, mais ça les replace dans des alentours rêveurs. Sous les arbres givrotins, le Pérou. Pour l’heure, mieux qu’un pavé sous la plage. Sable toujours. Deuxième set sur la grande scène, Imarhan, sextet touareg se fait entendre. Blues du désert, hypnoses sous distorsion, psalmodies rugueuses. La recette du groupe est connue, bienvenue et ingénue. À ce petit écart de côté près. Au-delà de la tradition embarquée, Imarhan montre autre chose encore. Petite démo musicolo-technique. Une Fender Mustang n’est pas vouée aux bandes son surf, une Gibson SG ne sert pas forcément à jouer Thunderstruck. Pas d’orage ni de plage, sous les grands arbres du domaine Thénard, sous la chaleur épaisse, les répétitions brûlantes d’Imarhan, électrifiées, quasi-vocodées. Modernes et anciennes à la fois. La force du groupe tient à ces deux guitares en dialogue, les têtes de la fosse, celles posées sous les tireuses oscillent en accord. Le reste est syndical. Nouveau solo à six cordes, nouveaux accords têtus et enivrants. La fosse ne quitte plus le groupe. Ni du regard, ni du gosier. Youyous et premiers crus, un des meilleurs mélanges pour abreuver les batailles culturelles du futur. infos +

F R A N T X, chronique

F R A N T X © Eudes Lemare

« Les informations arrivent très vite, changent de fonction en cours de route, puis reviennent déguisées comme si de rien n’était. Chez FRANTX, les instruments n’ont manifestement pas signé pour les postes qu’on leur avaitpromis. Et c’est bien. » idutydu,f r a n t x — chronique —par Selma Namata Doyenphoto © Eudes Lemare IDUTYDU de FRANTX line-up— Fanny Meteier tuba, voix, toy synthAndrea Giordano voix, électronique, mélodicaPierre Pradier guitares, voixMarco Luparia batterie, électronique, voix) carton recordsstandard in-fi mai 2026— Le titre est déjà un petit accident administratif : IDUTYDU (I Didn’t Understand That You Didn’t Understand). On pourrait croire à un échange de mails devenu incontrôlable ou à un bug de sous-titres automatiques. En réalité, c’est un résumé assez exact du disque : une musique où les informations arrivent trop vite, changent de fonction en cours de route, puis reviennent déguisées comme si de rien n’était.Chez FRANTX, les instruments n’ont manifestement pas signé pour les postes qu’on leur avaitpromis. Le tuba ne sonne presque jamais tuba : il souffle, compresse, parasite, gonfle les contours du son jusqu’à ressembler tantôt à un moteur fatigué, tantôt à une nappe électronique qui aurait mangé trop de gravier. La batterie ne marque pas le temps, elle le découpe en tranches inégales et les redistribue sans prévenir. Les guitares choisissent de ne pas choisir entre riff, texture, objet contondant et meuble sonore. Quant aux voix, elles circulent dans le mix comme des personnages secondaires qui auraient pris le contrôle du scénario. Le plus amusant, c’est que cette organisation apparemment anarchique est d’une précision presque vexante. Les morceaux tiennent par gestion des densités, déplacements de registres, ruptures calibrées et un travail très fin sur la saturation. Rien ne déborde par accident.PINGU TRAUMA avance comme 4 membres d’un groupe qui se chamailleraient en jouant, tout en restant étonnamment d’accord. ORGASMIC KITCHEN pousse encore plus loin cette économie du faux chaos : motifs abandonnés, retours absurdes, coupes sèches, puis soudain un passage parfaitement construit — comme si quelqu’un avait rangé le bazar pendant qu’on regardait ailleurs Et puis il y a BANANA PHONE BOI, qui étire enfin le temps. Les couches s’empilent : souffles, saturation, électronique, voix, percussion, timbres qui se frottent sans politesse excessive. Là, le disque révèle son vrai talent : produire énormément de matière sans jamais fabriquer de bouillie.IDUTYDU pourrait donner parfois l’impression qu’un ensemble de musique contemporaine auraitaccidentellement surfé sur trop de forums, téléchargé trop de pop et avalé un peu trop de caféine. Trop ? Définitivement non. Ce disque groove souvent et jamais trop. Avec beaucoup plus de tenue qu’on pourrait lui en accorder. infos +

surprise, chronique

Surprise @ Eliott De Sousa

« Rap ou pop, pourquoi choisir ? C’est dans l’entre-deux qu’elle se stabilise : une voix qui traîne volontairement, vite rattrapée par une scansion plus sèche. » une pieuvre dans un seau,surprise— chronique —par Antonia Barotphoto © Eliott De Sousa autoprodmodulor mai 2026— Une pieuvre dans un seau. Le titre du troisième album de Surprise renvoie à une créature sensible, à l’intelligence immense, condamnée à tourner en rond. Débordement impossible, émotions à l’étroit. Sous une fausse douceur, l’artiste joue des contrastes dans ses mélodies et ses visuels. Dans une logique DIY très anglo-saxonne, Surprise gère depuis trois ans sa musique de manière quasi autonome. Rap ou pop, pourquoi choisir ? C’est dans l’entre-deux qu’elle se stabilise : une voix qui traîne volontairement, vite rattrapée par une scansion plus sèche.Éloigné d’une industrie musicale qui tourne en boucle comme un mauvais scroll, le disque met en tension solitude et notoriété, à la fois ressentis personnels de l’artiste et symptômes d’un système. Dans Seule au monde, elle balance « J’suis pas une star, t’façon, ça changerait quoi ? À part de chialer moins. Fuck toute cette industrie d’TikTok qui rêverait juste de m’changer, moi. »Romance et nostalgie oscillent ensemble dans ce onze titres. Gros crush pour 2018, morceau-réminiscence des années lycée, entre grisaille adolescente et premières fois qui collent à la peau. Stan, lui, apporte une énergie plus nerveuse. Ça claque. Sur Faible, unique featuring de l’album, Surprise et ADVM déroulent une romance bancale à deux voix. La prod, ronde et entraînante, fait presque oublier la mélancolie du texte.Sur Hamster mort, les animaux de la rappeuse deviennent le reflet de ses histoires d’amour : « J’ai eu trois hamsters, ils sont tous morts, j’ai eu un chat, il a fugué. J’ai eu un chien, ma mère l’a tèj, elle voulait plus s’en occuper. J’ai repris un chat avec mon ex, bien sûr, il l’a gardé ». Les animaux gardent le contrôle du dernier track. Animal referme le disque sur des arrangements orchestraux félins. Générique de fin ou bande-annonce. Surprise façonne un peu plus son identité musicale, plus nette, toujours traversée par une désinvolture assumée, addictive, qui reste longtemps en tête après l’écoute. infos +

Spring Flood, chronique

Spring Flood, Mariam Wallentin ©Antje_Jandrig

« so Spring Flood flows. Spontaneous, written, improvised, intense, friendly. Organic. With that kind of flow that make the world less serious, more fragile. A little liveable, too. An album that’s undoubtedly too brief to reach for the stars, but dense enough to make you start dancing right where you are. » spring flood,mariam wallentin& vestnorsk jazzensemble— chronique —par guillaume malvoisinphoto © Antje Jandrig Spring Flood de Mariam Wallentin & Vestnorsk Jazzensemble line-up— Mariam Wallentin vocalsGro Austgulen violinCarmen Boveda celloJulie Rokseth harpHildegunn Øiseth trumpetKjetil Møster saxophonesThomas Dahl electric guitarToivo Fjose electric bassTerje Isungset drums, percussionBørge Fjordheim drums hubrojuin 2026— FR.Il y a une quinzaine d’années, j’animais un talk show radio. Lors d’une émission, une pause musicale manquait au conducteur. Le réalisateur calait un morceau au pied levé. Titre : There is No Light. Groupe : Wildbirds & Peacedrums. Explosion disloquée et viscérale. Le tympan durablement imprimé de morceau, je retrouvais la voix de cette révélation des années plus tard au festival Météo, Mulhouse, France. C’était en compagnie du Fire! Orchestra, lancé par Mats Gustafsson dans un hommage à Little Richard. Mariam Wallentin s’y démenait. Sans mesure mais sans forfanterie. Seule voix, baignée de puissance et d’une aura de cuivre. KO debout.Réentendre cette voix, ici avec le Vestnorsk Jazzensemble, c’est ré-ouvrir un petit tiroir à magie. Voix toujours aussi sombre sur ce paradoxal Spring Flood. Lumière sourde, épaisse, pleine de mystères, de questions, et de quelques réponses. Par exemple, ce qui signe un ‘jazz ensemble’ aujourd’hui en 2026, où cette satanée musique est devenue définitivement multiple, ouverte au large. Définitivement passionnante. C’est une réunion de musiciennes et de musiciens qui prennent sur le vif tempo et idées. Comme celle de mettre sur bandes, en deux journées, les désirs surgis en bord de Rhin, à Bâle, dans la voix d’une chanteuse suédoise. Les 26 et 27 mai 2023, à Bergen, Wallentin déploie sa dramaturgie, pilonne ses récits, les cajole aussi, parfois. Et le Vestnork propulse, plussoie et peint tout autour. Spring Flood s’écoule donc ainsi. Spontané, écrit, improvisé, violent, amical. Organique. Avec cette veine des choses qui rendent le monde moins sérieux, plus fragile. Un peu meilleur aussi. Disque sans doute trop court pour aller tutoyer les étoiles, mais suffisamment dense pour se mettre à danser là vous êtes. Exemple : Blanket Dance, morceau d’ouverture. Longue scansion veloutée de Mariam Wallentin, de ces ouvertures dont elle a la maîtrise et le secret. Le désir pointe, les eaux roulent au loin, l’ensemble Vestnorsk soutien le tout d’une longue note tenue avec une délicatesse attentive. Longue montée intarissable jusqu’à l’effraction d’une rythmique dub, striée de riddim opportuns. Le jazz remue. Dans beaucoup de sens du terme. Plus loin, la reprise de Love Is Fire, entendue chez Wildbirds & Peacedrums, où Wallentin animait son petit théâtre foudroyée en compagnie d’Andreas Werliin. Reprise montée selon le principe d’augmentation, de démultiplication. Non pas jouer différemment mais jouer avec du surplus, laisser les émotions intactes, en leur donnant de nouvelles couleurs. Et de couleurs, le Vestnorsk Jazzensemble n’en manque guère. Sa palette est vaste, son trait est vif, orageux, joueur et précis. C’est justement cela qui s’agite dans ce disque magnifique, le combat sanguin entre le précis et l’énigme, entre l’envie de nommer et le ressenti suffisant, entre la joie de danser et la nécessité de se trouver de nouveau KO debout. US.About fifteen years ago, I hosted a weekly radio talk show. During one broadcast, a music break was missing. The producer quickly slipped in a track on the spot. Title: “There Is No Light.” Band: Wildbirds & Peacedrums. A visceral, dislocated explosion. With that track permanently etched into my eardrums, I rediscovered the voice of that revelation years later at the Météo Festival in Mulhouse, France. It was with the Fire! Orchestra, launched by Mats Gustafsson as a tribute to Little Richard. Mariam Wallentin was giving it her all—wacky but truthful. A singular voice, bathed in power with a coppery aura. A knockout.Hearing that voice again, here with the Vestnorsk Jazzensemble, is like reopening the little drawer of magic. Her voice is as dark as ever on this paradoxical *Spring Flood*. A muted, dense light, full of mysteries, questions, and a few answers. For example to this question : what defines a “jazz ensemble” today in 2026, when this damned music has definitively become multifaceted and wide open. Absolutely captivating. It’s a gathering of musicians who seize tempo and ideas on the fly. As the decision to record, over two days, the desires that emerged on the banks of the Rhine in Basel, through the voice of a Swedish singer. On May 26 and 27, 2023, in Bergen, Wallentin unfolds his narrative, pounding away at his stories, yet sometimes coaxing them as well. And the Vestnork propels, echoes, and paints the entire scene. And so *Spring Flood* flows. Spontaneous, written, improvised, intense, friendly. Organic. With that kind of flow that make the world less serious, more fragile. A little liveable, too. An album that’s undoubtedly too brief to reach for the stars, but dense enough to make you start dancing right where you are. Take “Blanket Dance,” the opening track, for example. Mariam Wallentin’s long, velvety cadence—one of those openings she has mastered and whose secret she alone holds. Desire stirs, the waters roll in the distance, and the Vestnorsk ensemble supports it all with a long, sustained note played with attentive delicacy. A long, inexhaustible build-up until a dub rhythm breaks through, streaked with timely riddims. Jazz stirs—in many senses of the word. Further on, a cover of “Love Is Fire,” originally by Wildbirds & Peacedrums, where Wallentin animates her electrifying little theater alongside Andreas Werliin. This cover is built on the principle of augmentation and multiplication. Don’t play it differently, but let’s play with an abundance, leaving the emotions intact while giving them new colors. And the Vestnorsk Jazzensemble certainly doesn’t lack for color. Its palette is vast; its touch is lively, stormy, playful, and precise. That is precisely what stirs within this