rap ville : Queens, NYC.

En Amérique, dans les années 90, chaque ville avait sa scène hip-hop. Une identité sonore qui s’exposait du sud au nord, de l’est à l’ouest. Chaque mois, on met le nez dans une chanson de rap ou sur un disque qui illustre à merveille ce principe. Pour ce huitième épisode de Rap Ville, direction le berceau du hip-hop : New York City. Et plus précisément le Queens.

by | 22 Feb 2021 | Rap Ville

« My name should be brough up in fame /
Never said in vain /
Spread like a letter chain /
In criminal slang
. »
– Capone-N-Noreaga (Queens, 2000).

C’est quoi cette musique ?
Queens, de Capone-N-Noreaga, apparaît sur le deuxième album du duo new yorkais, intitulé The Reunion. Produit par The Alchemist, qui commence à cette époque à se faire un nom et envoyer de belles escalopes à tout le gratin des rappeurs US, le morceau repose sur une boucle au piano repiquée chez Wendy Waldman et un sample de Mobb Deep, les papas du Queens. Classic shit instantané. Merci, bonsoir.

Mais c’est où, le Queens ?
C’est l’un des 5 boroughs à l’est de la ville de New York, qui accueille notamment l’aéroport John F. Kennedy. Les deux larrons, Capone et Noreaga, en sont originaires. Capone, de parents haïtiens vient de Queensbridge quand Noreaga, Portoricain et Afro-américain, a grandi à LeFrak City, pas très loin. Tout ça dans un même arrondissement qui s’épelle en 6 lettres : Q.U.E.E.N.S.

« See me, all my life yo I had to sell drugs /
While you grew up with straight nerds
I grew up with thugs »

Queens par Capone-N-Noreaga (2000)

Atlanta

Le Queens, Capone & Noreaga, raccords niveau teintes.

Est-ce que ça fait peur ?
Iraq and the Bridge, the only difference is the buildings / The same crime rates and the same damn killings” raconte Noreaga sur ce titre. Le bonhomme a l’habitude de brailler “Irak” à tout va, parce que c’est le petit surnom tout doux donné à son hood, LeFrak. Mais ici, la comparaison va plus loin. Queensbrige est le plus grand complexe HLM public d’Amérique du nord (96 bâtiments de 6 étages) et était reconnu dans les 80’s comme la “crack area”. Pas besoin de faire de dessin.

Qui sont ces gens ?
Les rappeurs Capone et Noreaga, outre leur fascination pour les mafieux et un environnement guerrier (checkez les noms de morceaux ou d’albums), sont des purs produits de la scène hip-hop new yorkaise des années 90. Bon, le petit Capone fera plusieurs séjours en prison avant et après les sorties de disque, tandis que son camarade Noreaga (qui deviendra ensuite N.O.R.E.) connaîtra un certain succès commercial par la suite, en solo. Au point de finir par claquer des hits reggaeton et de s’assurer une bonne retraite.

Pourquoi c’est bien tout ça ?
Parce que ça transpire New York à chaque seconde de chaque titre. Le New York et son brassage culturel, le New York et ses peines que nous vendaient d’autres légendes du Queens, de Mobb Deep à Nas en passant par Cormega ou AZ. Parce que leur premier album, The War Report, est un disque poisseux et imparable. Enfin et surtout, parce qu’ils portent la veste de camouflage comme personne.


Pierre-Olivier Bobo

LeFrak, c’est chic.

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