Si oui, oui. Sinon non.
Quatuor Béla et Albert Marcœur

festival Sons d’Hiver, Choisy-leRoy, jeudi 23 janvier 2020.

Et Béla bêla. Enfin bailla. Corrompu par Marcoeur, mâchoire décrochée sur les longs coups d’archets d’entame de set. Albert et le Quatuor placent leur marques sans en avoir l’air. Un bâillement puis deux puis trois, puis la salle. Cinq hommes versés à l’assaut de l’assemblée la gueule ouverte. Pleine de rires aussi. Le lien qui unit Béla à Marcœur est fait de cela, aussi. D’un humour sans tain. Finement désabusé et ouvert sur des monceaux d’autres nourritures. Dégringolades, fausses pagaille et univers sonore réglé au cordeau. Béla et Albert font rimer l’absurde et le cocasse, Le vernaculaire, le populaire et les fesses en l’air. Suivra, dans les plis de Si oui, oui. Sinon non, la fanfare des Laumes (département 21) en capilotade, les points de vue sur Le Havre, une éclipse in extenso, les valises à roulettes, les jeux de langues, les archets faciles sur les chevalets et les chœurs d’angelots espiègles. Tout ceci, un brin brindezingue. Décalage d’attaques fauchant le tapis sous les pieds des mots. Des mots lâchés en pagaille, en vrac et dans le désordre. Aux cervelles, venues s’asseoir en face, de s’en débrouiller. Le Quatuor livrera son théâtre de cordes pour faire couler le bazar, un peu comme ce qu’on demande au beurre dans un sandwich. Celui assemblé par les cinq olibrius vous donne le goût des petites joies, des feux de tout bois, des voix cassés et des pots recollés. C’est un imagier sonore, un abécédaire sur l’infra-quotidien, sur les petites gênes de tous les jours dont on tire des grands principes de vie. Immuables. « Tout le monde râle sur ce que tout le monde fait, on s’en sortira jamais. » Ok, reste à chantonner, alors.


Guillaume Malvoisin
photo © Thomas Aubin

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