La Fanfare du Contrevent, chronique

« Pas de carton. Enfin ni rouge ni même jaune. Mais carton plein. Dernier coup de sonnette pour les riders prêts à repartir, rencontre réussie, match très loin d’être nul.» la fanfare du contreventextra festival, la vapeurdimanche 14 mai— chronique —par Lucas Le Texierphoto © Roxanne Gauthier Sortie de vestiaire en fanfare pour le FCC Néel. Compo d’équipe à 15 pour ce set à l’Extra Festival et le capitaine est aux cages : grosse caisse, chemise blanche et des lunettes steampunk que tout le monde a rêvé porter, au moins une fois dans sa vie. En défense, le dessin est simple, c’est formation serrée pour la caisse claire, armada de percus et, au centre, le souba. Voilà pour le moteur de la Fanfare du Contrevent, voici pour ceux qui propulsent l’équipe titulaire. Au milieu de terrain, les sax mobilisent l’action et font tourner de longues nappes hypnotiques. Les trombones jouent les ailiers et des coudes, tantôt relais des deux côtés du stade, tantôt agitateurs notoires sur la transversale. Devant, les trompettes jonglent, visent la lucarne et l’extérieur du pied, faisant fi du tapis chaotique. Plus qu’un classique 4-4-2, ici, on pratique l’alpha et du delta, on met en jeu du son dense et titanesque. Les joueuses et les joueurs alignent dystopies sonores et airs de fête post-apo, le tout inspiré par la galaxie Damasio. Comme des oiseaux migrateurs, les pupitres qui se meuvent, s’alignent, se fondent et se défont au signe d’une main levée ou d’une fin de cycle. Pas de coach, pas besoin. Intelligence collective et science du placement en fonction de l’angle de tir indiqué ou des éclats de supporters. Fin du match, les gradins du Lac Kir se vident pour envahir la pelouse, les corps s’animent dans une grande formation en cercle. Pas de carton. Enfin ni rouge ni même jaune. Mais carton plein. Dernier coup de sonnette pour les riders prêts à repartir, rencontre réussie, match très loin d’être nul. infos +
La Fanfare du Contrevent, chronique

« La meute se meut aussi vite qu’un tir de six-coups. Scénette de duels devant le saloon de pupitres, vents contre vents des deux côtés du plateau. Puis formation packée, une mêlée style photo de famille de bandits, face au public. » la fanfare du contreventla vapeur, dijon,mercredi 22 novembre— chronique —sortie de résidencepar Lucas Le Texierphoto © Roxanne Gauthier On reconnait un bon western à son début. Lumière orange sur la trompette, lui et ses échos entrent sur la piste gradinée. Blouson de cuir, cicatrice en diagonale, le souffle clair et droit. Comme une ombre gigantesque, le reste de la horde arrive, solennelle. La balafre en signe de reconnaissance, la bougeotte en guise de concorde. Un vieux Mad Max avec ses treize desperados et desperadas, la Cène post-apo du messie Antonin Néel. Lunettes de soleil bien calées devant les yeux, vestes rapiécées, tuyaux en PVC. Corsaires ou pirates, les fanfarons contrent le temps de Radiohead et de Björk avant d’insuffler leur bourrasque perso. La meute se meut aussi vite qu’un tir de six-coups. Scénette de duels devant le saloon de pupitres, vents contre vents des deux côtés du plateau. Puis formation packée, une mêlée style photo de famille de bandits, face au public. Gros son, gros point d’orgue. Tout s’enchaîne, on dégaine le trait autant que l’on marque la ferraille. Le rodéo des cow-girls and boys de la FC zigzague pour s’adapter au champ de tir musical. Sortie en ligne, ambiance crépusculaire. Fin classique, aussi, pour un bon western. infos +
Sébastien Tellier, chronique

« Il y a des concerts où tu regardes la scène. Et ceux où la scène te regarde. Vendredi 20 mars, à La Vapeur, deuxième option, clairement. Sébastien Tellier apparait, sorti droit d’un rêve étrange : casquette vissée au crâne, veste à paillettes, lunettes noires même dans l’obscurité. » sébastien tellierla vapeur, dijon,vendredi 20 mars— chronique —par Alyssa Meunierphoto © DR Il y a des concerts où tu regardes la scène. Et ceux où la scène te regarde. Vendredi 20 mars, à La Vapeur, deuxième option, clairement. Sébastien Tellier apparait, sorti droit d’un rêve étrange : casquette vissée au crâne, veste à paillettes, lunettes noires même dans l’obscurité. Le genre de silhouette qui te dit direct : « laisse tomber, regarde juste ce que je fais. » Derrière lui, quatre ombres blanches. Presque cliniques. Batterie, guitare, machines pour une sorte de lit sonore propre, presque trop sage, sur lequel Tellier vient poser son chaos tranquille. Lui joue sans effort, sans tenir à rien. Et le monde autour se replie et se reforme à mesure. Très vite, Tellier casse le rythme. Stop. Il parle de tout et de rien en fumant comme s’il était en compagnie de vieux amis. Comme si le concert pouvait attendre. Comme si la musique était une simple excuse pour traîner ensemble dans un entre-deux un peu flou. Cette clope tenue comme d’autres tiennent un micro. Une évidence étrange, presque anti-spectaculaire là-dedans. Et pourtant, tu es accrochée. C’est ça le goût de la tournée Kiss the Beast : quelque chose de sensuel mais distant, un peu ironique, jamais totalement livré. Les morceaux viennent et vont comme des vagues lentes, parfois désynchronisées, magnétiques toujours. Pas envie de comprendre, envie de rester, aller et venir, toi aussi. Chaque morceau s’installe doucement, hypnotique, un peu fragile. Ça pourrait s’effondrer à tout moment, mais non. Ça tient, juste assez pour te capter. Les paroles, la fumée, les pauses sont presque secondaires. La scène, les musiciens, le public, tout se mélange en toi et se dissout dans cette série de ritournelles inclassables et imparables. La scène vit de son côté, comme si elle ignorait qu’on l’observe. Au fond, c’est peut-être ça le vrai luxe : un concert qui ne te comprend pas totalement. Et qui s’en fout un peu. infos +
Didier Ithursarry Trio, chronique & interview

« Avant tout, c’est cette légèreté de l’être qui frappe, la réflexivité du musicien qui n’a jamais renié ses origines. Sur l’autre bord, le jazz. » didier ithursarry trio— chronique & interview — Rencontre à Cosne-Cours-sur-Loire, dans le cadrede la saison D’Jazz Nevers Nièvre, mai 2022Palais de Loire. Propos recueillis au Café Charbon, le 10 mars 2022. —par Lucas Le Texierphoto © DR line-up— Didier Ithursarry AccordéonJoce Mienniel FlûtesPierre Durand Guitare chronique— Bal multicontinentalMieux que le piano du pauvre pour raconter de belles histoires ? Pas sûr. La musique populaire d’un côté, avec son énergie, sa vitesse, sa nostalgie aussi, comme dans Esperanza. Les contours acoustiques du morceau prolongent l’imaginaire de la salle enfumée et des corps unis face à la musique. Avant tout, c’est cette légèreté de l’être qui frappe, la réflexivité du musicien qui n’a jamais renié ses origines. Sur l’autre bord, le jazz. Le souffle et l’utilisation de la flûte rythmique, percussive de Joce Miennel ; la guitare électrique de Pierre Durand et les mimiques rock qui viennent trancher ce que pourrait être le conformisme d’un tel trio. L’élasticité des musiciens et l’absence de rythmique convertissent la souplesse du trois temps dans des mélodies inspirées des continents sud-américain et africain. Toujours, ce rappel incessant, ce retour enivrant, cette obession du thème propre aux vieilles chansons populaires… Pas si perdu que ça, le petit bal. interview— Atea, qu’est-ce que c’est ? Didier Ithursarry : Atea, c’est un mot de mes racines basques qui signifie « la porte ». Une porte vers l’ailleurs mais aussi une porte vers soi et l’intimité. Mon intimité. C’est aussi une invitation à traverser cette porte. Cette symbolique correspondait au répertoire de ce projet. Dans ta formation, tu fais le choix de ne pas avoir d’instrument rythmique. DI : Je voulais quelque chose de plus roots et de plus fragile qu’un quartet de jazz au sens classique. Avec cette formule, Joce Mienniel est aux flûtes et Pierre Durand à la guitare électrique – et non acoustique, pour le côté blues et terrien. Je suis à l’accordéon et j’ai réussi à trouver une fragilité. Il y a plus de respiration, plus de surprises et plus d’échanges entre nous. On est tout à la fois, mélodistes-chanteurs et rythmiciens. Pourquoi as-tu réuni ces deux musiciens ? DI : La musique que nous jouons est axée sur la danse et sur des choses que je m’étais refusées jusqu’alors : aller flirter avec le répertoire brésilien et africain. Je crois que Joce et Pierre sont tous les deux dans cette curiosité aussi. Nos projets respectifs sont très différents, mais je trouve que le fond commun fonctionne et que ça valait le coup de nous rassembler. Des influences particulières ? DI : Je viens de la musique populaire. Toute ma jeunesse, au Pays basque, j’ai joué de la musique traditionnelle à l’accordéon mais aussi de la musique de danse. J’ai fait danser toutes les grands-mères du coin [rires]. Cependant, j’avais envie d’ailleurs. Cela a été permis par la rencontre avec Claude Barthélémy. Je me suis retrouvé du jour au lendemain dans son Orchestre National de Jazz ! Revenons à ton album. Dessus, il y a un morceau-fleuve, c’est Forró. DI : Le forró, c’est une danse brésilienne. Le thème principal m’a été apporté par les musiciens brésiliens que j’écoute encore comme Hermeteo Pascoal, Egberto Gismonti, Sivuca, tous figures emblématiques de la musique brésilienne. Je suis attentif aux accordéonistes surtout. Puis, j’ai mélangé beaucoup de choses : un air traditionnel basque, un hommage à ma mère, une ballade, de la danse. Il y a un autre titre, Mali. D’où t’est-il venu ? DI : Tout est parti d’une rythmique, vraisemblablement inspirée des disques de musique africaine que j’ai pu écouter. J’aurais pu aller plus loin dans le titre de ces morceaux mais ce furent les premiers qui me sont venus à l’esprit. J’étais un peu enclin à changer par la suite. Comment composes-tu pour ce projet ? DI : Je suis inspiré par ce qui m’entoure : les humeurs, les choses que je vois et que j’entends, les musiciens avec qui je joue. Souvent, ce sont des bouts d’idées que je note par-ci, par-là, pour y revenir un peu plus tard. Je cherche une histoire la plupart du temps : sur Sherlock, j’imaginais bien Holmes rencontrant les Beatles. J’ai donc écrit un truc qui passe d’un univers à l’autre. C’est pour cela que mes morceaux sont assez longs, ils contiennent une certaine dramaturgie. Un autre album en préparation ? DI : Pour le moment, pas avec cette formation. Quand j’ai l’occasion de faire de nouvelles choses, j’ai envie d’aller ailleurs – ce n’est peut-être pas une si bonne chose [rires]. Il faut déjà que la musique vienne : j’attends d’avoir de la matière dans le tiroir. C’est à ce moment-là que tout se déclenche. infos +
Sornette, chronique & interview

« Devant, trompette-saxo livrent leurs thèmes pêle-mêle : héroïques, filandreux. Avec un poil de second degré aussi. » sornette— chronique & interview — Rencontre à Nevers, dans le cadre dela saison D’Jazz Nevers Nièvre, mars 2022Café Charbon. Propos recueillis au Café Charbon, le 10 mars 2022. —par Lucas Le Texierphoto © DR line-up— Yonathan Hes SaxophonePierre-Antoine Savoyat TrompetteJonathan Chamand Contrebasse Loup Godfroy Batterie chronique— Chez Sornette, on joue les funambules. Dans l’esprit des expérimentations Ornette Coleman-Don Cherry, Sornette en reprend l’héritage à sa sauce. Le drive nu devient hypnotique, frôlant l’auto-suffisance et l’autarcie. La basse au cœur, la batterie au pied. Devant, trompette-saxo livrent leurs thèmes pêle-mêle : héroïques, filandreux. Avec un poil de second degré aussi. Reprendre Coleman, certes, mais avec son truc à soi. On retrouve l’approche très terre-à-terre d’Ornette, ce mélange entre un cha-ba-da droit et les polyrythmies sur le reste, une basse mi walking-mi improvisatrice, et les solistes qui s’avancent dans la brèche, béante. Le tapis sonore est là, rien que pour eux. Le duo diffère : Hes, gourmand, s’engouffre et malmène l’équilibre. Savoyat, plus subtil, contourne les obstacles et se joue de ce que la rythmique lui offre. Sornette, la bêtise enfantine, brosse son autoportrait : Ornette sérieusement, Coleman facétieusement. interview— Sornette, comme le serpent ? Yonathan Hes : [rires] On cherchait un nom et de base, le groupe était tourné dans la direction de la musique d’Ornette Coleman. On a aussi des grands blagueurs dans le groupe, Pierre-Antoine a donc pensé à Sornette. Donc Sornette, c’est pour Ornette. C’est un hommage ? Pierre-Antoine Savoyat : Pas un hommage dans le sens de la mémoire. On ne va pas rejouer la musique d’Ornette comme elle est jouée dans le quartet originel. D’une part, on n’en serait pas capables et d’autre part, on a différents backgrounds, on est tous européens… En revanche, ce qu’on cherche, c’est l’esprit de la musique d’Ornette. Casimir Liberski, un ami pianiste bruxellois, a vécu 10 ans chez Coleman. Il m’a toujours dit que c’était quelqu’un de très généreux. On le sent dans sa musique : c’est quelqu’un qui partage quand il joue sur scène. Il y a aussi la prise de risques. Parfois on glisse, ça ne va pas être une musique très propre. Reprendre Ornette et sa philosophie, ça parle à votre génération ? PAS : J’ai l’impression que la jeune génération de musiciens, au-delà même du jazz, s’intéresse à cette musique et à toute cette époque du free. Peut-être parce que tout le monde se rend compte qu’il y a une énergie communicative. C’est une musique qui a l’air jeune mais récemment, un musicien m’a dit en jam : « Tu sais, la musique d’Ornette, c’est les années soixante… Ç’a déjà soixante ans ». Est-ce que, paradoxalement, ça ne fait pas de vous des traditionalistes ? YH : Personnellement, je pense qu’il y a beaucoup d’artistes qui continuent dans cette lignée. En ce moment, je suis beaucoup influencé par Steve Lehman et son jeu fait beaucoup penser à celui d’Ornette, avec un son d’alto très brut, très criard. Au niveau du son, il y a une vraie recherche de liberté et de créer une voix libre, sans artifice. Juste un timbre de voix très concret, très honnête, sans habillement. Pas mal de monde autour de moi refont ce chemin inverse et repassent par Steve Coleman, Ornette puis Don Cherry. C’est plutôt d’actualité, en fait ! Mais comment on qualifie ça ? Un combat contre une esthétique parfaite ? YH : On peut dire que c’est un combat. Quand on croit très fort à une idée, et qu’on veut aller jusqu’au bout de cette idée. Ce n’est pas forcément un combat contre quelque chose mais c’est plus « believe in what you’re doing« . Le free de Sornette, c’est plutôt un style ou une façon de jouer ? YH : C’est plus une attitude. PAS : J’ai l’impression parfois que le free est un mot valise qui est là pour classer tout ce qui n’est pas d’une esthétique plus traditionnelle. Ça peut être un style, une manière de jouer… YH : Ce que je retrouve souvent dans les musiques de free, c’est que ça part vraiment du son et de la brutalité de la matière plutôt que d’éléments mathématiques de classification du son comme l’harmonie, la mélodie, le rythme. PAS : Et paradoxalement, les musiciens de ce courant, comme Ornette, ont cherché d’autres manières de codifier leur musique. Ornette avec le jeu harmolodique ou Steve Coleman qui a inventé ses codes. D’autres ont travaillé sur des langages plus européens comme Anthony Braxton qui va écrire des morceaux avec des règles du jeu très précises. Sornette reprend des concepts de Coleman ? YH : Pas trop de Coleman. On a quelques morceaux à concepts mais plus dans l’écriture. Dès que ça passe à l’improvisation, on ouvre les oreilles. Et voilà. Les autres éléments de votre collaboration ? PAS : Ça reste quand même assez collectif, dans le sens où chacun peut amener des morceaux. YH : Pas mal de morceaux qui ont été détruits pour donner quelque chose de différent comme Le Soleil se Lève. Je l’avais très écrit puis on s’est rendus compte que ce thème pouvait être joué beaucoup plus free, comme l’aurait joué le quartet d’Ornette Coleman. Qu’est-ce que ça vous ouvre comme porte l’absence d’instrument harmonique ? YH : On entend plus la contrebasse. Pour moi, c’est important. Parfois, le manque de piano ou de guitare peut réduire un peu la densité du groupe, ça peut manquer. Mais je pense qu’on fait face notamment avec Loup, qui a un jeu incroyablement dense. Il sait gérer les cymbales pour passer d’un truc très fin à un truc tellement rempli que tu as presque l’impression qu’il y a un piano. Personnellement, j’entends la contrebasse, les notes jouées, et pas juste une espèce de flou dans les basses. En plus, on a une petite complicité avec Jonathan. PAS : C’est beaucoup plus contrapunctique. On est moins dans les rôles qu’on aurait avec un polyphoniste, surtout un piano
Cluster Table, chronique & interview

« Pas de rituels fake, mais la joie pure de frapper clair. Excitant l’œil et l’oreille. Parfait. » cluster table— chronique & interview — Rencontre à Dijon, mars 2022Le Consortium Museum. —par guillaume malvoisinphoto © DR line-up— Benjamin Flament PercussionsSylvain Lemêtre Percussions chronique— Magie des fréquences et apparences trompeuses. C’est l’art de la table selon Cluster Table. Sylvain Lemêtre et Benjamin Flament sont certes face à face mais aucun duel sur le service, ici. On est plus face à deux solos complémentaires. Solos à l’instrumentarium malin, piezzotés, repris en diff ou purement acoustiques. Solos à la précision redoutable. Tant sur la frappe technique que sur l’instant où elle s’exécute. C’est d’ailleurs sans doute dans le choix de l’instant où baguettes, paumes, brindilles frappent que la solidité du duo réside. Et de cette sensibilité aux aguets jaillit une joie à produire, à créer le son. Ici, l’un joue avec la densité du son d’une cymbale, là, l’autre contrarie à peine ses résonances du souffle d’un harmonica. Flament tenant Lemêtre du coin de l’œil, Lemêtre vissant une de ses oreilles sur la table de Flament. On est au-delà de ne plus savoir qui fait quoi, et c’est bien. Les refs de chacun, contemporain, impro, jazz, trad, s’empilent, se défient et avancent par strates à plaisirs. Pas de rituels fake, mais la joie pure de frapper clair. Excitant l’œil et l’oreille. Parfait. interview— On commence par une remarque stupide ? Cluster Table, vous avez un retour de hype à fond en fait, c’est super malin. Sylvain Lemêtre : C’est malin, hein ? Non, on ne l’a pas vu venir. Nous, on aime les clusters parce que c’est ce qui est bon, dans la musique, quand ça gratte et que ça racle un peu. Ce qui est rigolo, c’est qu’au début des concerts, on avait un peu préparé le public à comprendre ce que c’était un cluster dans la musique. Là, tout le monde savait précisément ce que ça signifiait. D’où vient cette envie d’avoir deux sets de percussions face à face ? Benjamin Flament : De notre rencontre au sein de Magnetic Ensemble, le projet qu’avait monté Antonin Leymarie. On ne se connaissait pas, je suis arrivé avec mes trucs, il est arrivé avec ses trucs. On se zieutait l’un et l’autre : “ah, il a ça, dis donc ! Tiens, c’est…” SL : On ne connaissait pas du tout. Je ne t’avais même jamais entendu jouer. Est-ce qu’il y a des sets spécifiques à Cluster Table ou l’idée c’est de venir à chaque fois avec des choses jouées dans d’autres formations ? BF : Mon set de percus ne bouge plus maintenant comme tout est sur micros et capteurs. Aujourd’hui, j’ai un set qui est fixe avec des éléments de batterie, et sur Cluster, j’ajoute des éléments, des gongs, des cloches, ces cymbales qui me permettent de rejoindre, par moment, Sylvain dans ses sons. Mon set est plutôt électroacoustique et celui de Sylvain, totalement acoustique. SL : C’est ce qui nous a plu mais le point de départ, c’est vraiment la connivence rythmique qu’il y avait dans le Magnetic. Tu sais, le « qui se ressemble, s’assemble ». Je suis très orchestral dans les sons et purement acoustique. Benjamin, lui, est, comme il le dit, électroacoustique, comme un guitariste le serait. Il a besoin de son ampli pour faire le son mais pas que. Tout ce qu’il a pu ajouter à son set est très très intéressant dans l’enveloppe sonore de ce qu’on produit, justement quand on joue des clusters. C’est un peu notre marque de fabrique, cet aspect à la fois électrique, rugueux, granulaire et en même très pur du son acoustique. C’est la résonance, le mélange des peaux, des métaux, des bois, des sons un peu traités. Mais pas tant que ça, comme ils sont sonorisés mais ils sont seulement modifiés par la sonorisation. On pourrait penser, en voyant votre installation, à une sorte d’établi, d’immense work in progress. Les choses sont-elles ultra précises ou s’inventent-elles encore malgré la contrainte de vos instruments ? BF : Il y a des choses qui s’inventent encore, on découvre encore des sons. Ce qui est marrant, c’est qu’on est allés très loin dans la préparation de nos instruments et maintenant, sur l’instrument qui est fixe, je fais comme un pianiste qui jouerait du piano préparé. J’ajoute des objets sur cet instrument et du coup je découvre. SL : Mon set est fixe parce que cette table-là, je l’utilise pour mon solo. Avec Cluster, je fais comme Benjamin, j’ai mis des cloches tubes, une plaque tonnerre, un tam-tam chinois derrière. Il est quand même beaucoup plus étoffé. Il y a cinq, huit bols en plus… Mais quand même, ça commence à se figer dans le temps, cette histoire et je commence à vraiment à avoir développé un langage par rapport au set. Ça devient un peu mon instrument, quoi. Comme Benjamin fait avec les équerres, les bols… Vous considérez donc vos sets comme un instrument unique ? SL : Oui. Un batteur ne dira jamais : “je joue de la caisse claire, de la grosse caisse et du charley”. Il joue de la batterie. Nous, c’est un peu pareil, on joue nos sets de percu, sans trop savoir les baptiser autrement que comme une brocante balinaise de luxe. C’est quoi les influences musicales de Cluster Table ? SL : Je viens de la musique occidentale, contemporaine, écrite, donc je manipule les sons, les nuances, les modes de jeu, les matériaux. Je n’ai pas trop fait de jazz mais beaucoup de musique traditionnelle afro-cubaine, africaine, iranienne, et j’aime bien les polyrythmies. Cluster, c’est donc le plaisir de manipuler des rythmes en utilisant des sons d’orchestre, à la fois ancestraux ou très recherchés, très savants. Est-ce que vous faites partie de cette mouvance actuelle qui dit vouloir chercher cette fameuse transe musicale ? BF : C’est marrant parce que quand on a joué à Tribu avec Space Galvachers, tu as posé cette question
La Sido, chronique & podcast

« Légère, un peu espiègle et dans le plaisir de digérer, à leur façon, le matrimoine laissée par cette entrevue créée de toute pièce. » la sidochâlon-sur-saône,— chronique & podcast — Chronique live du concert réalisé au Théâtre Piccolo,Soirée organisée par la cie La Roue Voilée en partenariat avec Big Bang —par Lucas Le Texierphoto © Clément Vallery line-up— Sidonie Dubosc VoixSimon Hannouz Saxophone alto Brice Parizot TromboneSamuel André TrompetteAntonin Néel PianoJonathan Chamand ContrebasseVictor Prost Batterie chronique— La Sido, volume II. Les jeunes pousses du bassin chalonnais prennent quasiment les mêmes, et recommencent. Ayant jeté leur dévolu sur Léo Ferré et Boris Vian en 2018, la bande à Sidonie Dubosc revient avec un répertoire imaginé comme une rencontre entre Barbara, Anne Sylvestre et Colette Magny. Toujours aussi omnivore musical, Pierre-Antoine Savoyat a réarrangé pour septet de jazz, les trois répertoires éclectiques. Façonnement sous sa plume d’une version doo-wop pop Dent de Loup , d’un Boa sonnant reggae, d’un latin Trop tard pour être une star. Large place aux ballades et à l’intime tant dans les tuilages de timbres que l’équilibre arrangements-voix. Et c’est de cette scénographie qui alterne musique et archives audios des grandes dames de la Chanson Française, jouant tant sur la tendresse que la réminiscence, que nait l’énergie qui unit les sept Sido. Légère, un peu espiègle et dans le plaisir de digérer, à leur façon, le matrimoine laissée par cette entrevue créée de toute pièce. podcast— infos +
Felsh!, chronique & interview

« Felsh! fouille et cherche, obsession à peine convaincue par l’envie de trouver. La joie est dans la recherche. » felsh!— chronique & interview — Chronique live. Le Crescent, Mâcon, mars 2022 Interview. Rencontre à Corgoloin, août 2021.Résidence, Manoir Équivocal —par guillaume malvoisin et Lucas Le Texierphoto © DR line-up— Jonathan Chamand ContrebasseClément Merienne PianoLoup Godfroy Batterie chronique— Felsh!, plutôt simple à résumer. C’est du jazz de cellule. Du jazz joué derrière un quadrillage impeccable mais sans maton ni caïd pour contredire ni interdire quoi que ce soit. Cellules, donc. Cellules rythmiques répétées pour le seul plaisir d’être modulées. Patterns harmoniques mis en place pour le seul bonheur d’être soumis à la rupture ou stoppés net. Ça expérimente sec, Felsh! en scène. Comme une interjection, le nom. Comme un Eureka viandard et instinctif. Et ça produit dans le trio. Depuis l’héritage français du XXème, la culture club, les partitions contemporaines. Le son de la contrebasse est solide et les pistes tracées par le piano, à cru ou préparé, sont parfaitement complexes, parfaitement ludiques. Avec la dose utile de pose et d’attitude. Bien sûr, c’est un peu raide mais ces structures enchaînées le sont avec une joie visible. Felsh! fouille et cherche, obsession à peine convaincue par l’envie de trouver. La joie est dans la recherche. Meilleur exemple avec Céramique, écrit par Clément Merienne. Le soin est mis dans l’élégie rapide, la miniature vive, l’atmosphère. Le jeu de la surprise sensible semble balisée par le drive libre de Loup Godfroy. Batteur imparable qui garde le jeu du trio constamment très ouvert. Felsh, faich’, vraiment pas simple à enfermer en cellule. interview— Felsh!, c’est quoi ?Jonathan Chamand : C’est un mot inventé, pour de la musique inventée. Clément Merienne : On s’est rencontré au conservatoire par hasard, et après une session autour de standards, on a décidé de monter un répertoire de compositions. On s’entendait vachement bien musicalement, dans l’énergie et dans l’interplay. Felsh!, c’est du jazz ?CM : Le jazz fait partie de nos influences. Comme l’improvisation, comme la musique contemporaine, comme les musiques du monde… On essaye de ne pas fixer de genre, mais on s’inspire de tout ce que l’on a écouté. ça peut même être du rock ou de la chanson française. Clément, ça fait un moment que tu travailles autour de la musique improvisée et minimaliste. Felsh!, c’est la continuité ?CM : C’est aussi l’occasion de reprendre cette formation classique qu’est le trio, souvent utilisée en jazz pour les standards. J’aime assez bouleverser les codes et les rôles de chaque instrumentiste. Comment ça travaille dans Felsh ? JC : On se partage le travail. Pour les impros, on peut partir d’un son qui nous a accroché, une idée vraiment basique, solfégique, de type répétition de note ou de motif. Ou alors, de manière très standard, on part d’un thème mélodique et on place des accords en dessous ou inversement. Loup Godfroy : pour les arrangements, on est hyper attentifs. On fait très attention à ce qu’il se passe sur l’instant, et on crée petit à petit comme ça, avec des petits moments où on s’arrête pour savoir ce qu’on garde ou pas. Au fur et à mesure, la composition bascule. Sur votre Soundcloud, vous vous définissez comme un « groupe de transe sonore ».JC : Quand on l’a, c’est génial, et c’est grisant. LG : Transmettre, c’est un petit peu le défi de ce groupe : amener les gens à écouter d’une manière différente, à prendre plus le temps et à se demander : « Qu’est-ce que ça déclenche ? Qu’est ce qui se passe si j’attends ? ». Sur quoi travaillez-vous en résidence ? CM : À chaque fois, sur des choses différentes. Il y a des résidences où on travaille sur les morceaux dont on épuise les manières de jouer, où on passe du temps à échanger et à se mettre d’accord sur les arrangements. Sur d’autres, on se concentre sur l’improvisation. LG : Tout ça dans le but que la composition devienne simplement un matériau pour l’improvisation. On a une base ouverte à tout, exploitable sans avoir à réciter une composition. Vous vous sentez sur le même pied d’égalité pendant une impro ? JC : En général on se suit assez vite, mais il se peut que d’un morceau à l’autre, un de nous soit plus dans la direction d’improvisation, alors le morceau change. Ensuite, tel morceau peut être dirigé par Clément, et le même morceau, au prochain concert, il sera dirigé par Lou, ça change tout le temps. À quand le premier album de Felsh ? CM : On y pense. Y’a un répertoire qui devient de plus en plus cohérent, et je pense qu’on le sentira tous les trois quand ce sera le moment. Ce serait une contrainte ? LG : C’est toujours une contrainte de fixer la musique et, en ce moment, on évolue beaucoup et notre répertoire aussi, pour le moment, y’a pas d’album. infos +
Hugo Diaz Quartet, chronique & podcast

« L’inspiration de l’eau ? Dans tous les cas, ça se boit, et s’écoute, comme du petit lait. Le soprano voltige dans ces petits bouts de mélodies qui vont chercher la transe et l’ivresse joyeuse. » hugo diaz quartetnevers,— chronique & podcast — Soirée de présentation du D’Jazz Nevers Festival,En partenariat avec Big Bang —par Lucas Le Texierphoto © France Télévisions line-up— Hugo Diaz Saxophone et compositionAlexandre Cahen PianoVladimir Torres ContrebasseLouis Cahen Batterie chronique— Pop, malin et léger. Hugo Diaz a beau faire le modeste, il touche quelque chose du jazz de notre époque avec ces Confluences. Quelque chose qui navigue entre le lyrisme délicat et l’écriture légère, propre aux compositions de cet opus et à ce concert. L’inspiration de l’eau ? Dans tous les cas, ça se boit, et s’écoute, comme du petit lait. Le soprano voltige dans ces petits bouts de mélodies qui vont chercher la transe et l’ivresse joyeuse. Flotte entre les petits riffs qui entrecoupent les improvisations, petits bouts de mélodies. La rythmique du bisontin Vladimir Torres et des frères Cahen se cale parfaitement dans l’imaginaire tissé par Diaz. Et Le sopraniste de s’amuser des décalages, des passages lyriques entre lui et Alexandre Cahen, du drive du jazz classique sur des thèmes de soprano sous effets. Le répertoire de Confluences est pêle-mêle, comme ce qui se joue habituellement entre la tradition et la modernité, certes. Mais aussi de cet éclectisme qui nourrit les musiciens de jazz d’aujourd’hui, un tryptique jazz, classique et pop qui se dévoile sur scène. Prenant, oui. Réjouissant, assurément. podcast— infos +
Vincent Lê Quang Quartet, chronique & interview

« À huit mains, on peut forger à bras raccourcis des poèmes sonores et un sérieux trésor musical. » vincent lê quang quartet— chronique & interview — Le Crescent, Mâcon, janvier 2022 —par guillaume malvoisin photo © DR line-up— Vincent Lê Quang SaxophonesBruno Ruder PianoJoe Quitzke BatterieGuido Zorn Contrebasse chronique— Pour définir sa musique, Vincent Lê Quang parle de jazz poétique. Dont acte. Quiconque prendra cette def au sens d’un objet qui fore des trouées dans l’attendu aura visé juste. Ce quartet est en 3ème date de tournée BFC et la poésie dont il est question ici est celle qui déstabilise. Pas celle qui enjolive ce dont on peut avoir l’habitude. Ce jazz, tel que le quartet le pratique pour ce set au Crescent, combine mélodie soignée, groove de chambre soigné et une liberté introspective magistrale. C’est beau. Oui. C’est profond. Oui, aussi. L’équilibre est mouvant et émouvant, ça côtoie Cole Porter, Sinatra et Coltrane, on se baigne joyeusement dans I Concentrate On You, La Possibilité d’une Île nage pas loin des eaux de Love. On cotoie aussi les jours de printemps, les hommages déférents (à Machaut, à Shorter) comme la désuète escarpolette. Ceci n’est que sujets, remis sur l’ouvrage du jeu par l’interplay ultra fluide. Lyrisme élégiaque assuré pour le sax, tenor et soprane, libération d’espaces rythmiques pour le piano. Fondation vibratoire pour la basse de Guido Zorn face à la recherche constante en ponctuation de Joe Quitzke. Basse batterie disjointes sur le papier et réunies diablement dans l’oreille. Sur ce lit de bancal maîtrisé parfaitement, Lê Quang et Ruder font le leur de lit. Bougeant les silences et les heurts, versés dans le bien commun. Cette musique ne pourrait advenir en d’autres mains, dit en substance le saxophoniste, mettant le doigt ainsi, sur une vérité. À huit mains, on peut forger à bras raccourcis des poèmes sonores et un sérieux trésor musical. interview— À la première écoute de la musique du quartet, il se dégage d’emblée une impression de calme profond.Je crois que ce calme provient de notre identité à tous les quatre. On passe de longs moments ensemble et pendant lesquels il n’est finalement pas nécessaire de parler. Je crois qu’on a volontiers une espèce de silence intérieur, qu’on aime, même, cultiver, pour que le moment où on joue ait la plus grande force possible. Pour nous-mêmes, déjà. Peut-être qu’il y a aussi le choix d’aller chercher une musique qui parle à l’imaginaire de l’auditeur, plus qu’au côté spectateur. Quelquefois, on me demande le style de jazz exact que l’on fait. Malheureusement, quand les gens nous demandent cela, on est bien en peine de répondre. La réponse que j’ai trouvée, elle vaut ce qu’elle vaut, c’est qu’il est poétique. Poétique dans le sens où il essaye de susciter une émotion qui pourrait être celle qu’on reçoit quand on lit un poème avec cette voix intérieure. On parle de musique calme mais ce n’est pas pour autant une musique douce.Non et je crois même que le live nous permet d’aller jusque dans les éclats, jusqu’au cri, même. Je pense qu’on a besoin de cette plage expressive entre le plus grand calme et puis le cri. Tu parles de musiciens posés sur l’intériorité dans la vie de tous les jours, est-ce qu’en répétition on retrouve ce calme-là aussi ? Êtes-vous parfois en désaccord ?Ça se pose jamais en ces termes, d’accord ou pas d’accord. C’est assez unique avec ce quartet, on sait qu’on trouvera les réponses au moment de jouer. La répétition, elle est là pour créer les conditions d’écoute, de disponibilités pour qu’au moment du concert, au moment du jeu, la réponse se trouve. Mais pendant les répétitions, je ne cherche pas à trouver des réponses. Juste à poser des questions ?Peut-être. Tu joues du sax soprano, tu joues du ténor. Comment tu concilies l’écart de tessiture entre les deux en live ?De jouer les deux, je le vis vraiment comme une offre des possibilités plus larges, plus riches. Pendant très longtemps, je dis longtemps, c’est presque vingt ans, j’ai joué exclusivement du soprano en me disant qu’en le travaillant à fond et en allant chercher le maximum de son expressivité, j’avais une palette très large. Ça reste vrai. Mais les choses de la vie ont fait qu’à un moment, j’ai dû m’arrêter de jouer pendant plus d’un an, à cause d’un problème de poumons et le fait de se remettre au saxophone, par le ténor, ç’a été une manière de guérir, presque. Et maintenant ces deux instruments, pour moi, sont extrêmement complémentaires. Le ténor apporte une présence à un endroit qui est irremplaçable au soprano. Bon, soprano, ténor, évidemment on pense à Coltrane, est-ce qu’il est toujours aussi bon Coltrane aujourd’hui ?Oui, enfin, il est plus que bon. Il est au-delà de beaucoup de choses, beaucoup de musiciens… Beaucoup de musiques, même, en fait. Revenons au tout début de notre discussion, tu parlais, c’est important, de comment tu avais pensé ce quartet. Tu dis que la musique qui a lieu avec ce quartet, ne peut avoir lieu qu’avec ce quartet-là. Au tout début de ce projet, comment tu choisis le line-up ? Est-ce que tu choisis d’abord des personnes ou des couleurs instrumentales ?Ce quartet il est ancien maintenant, notre premier concert, c’était 2008… Je ne fais pas un casting, du tout. Je crois que cela tient à des préoccupations communes, lors d’échanges, lors de répétitions et aussi à la complicité très ancienne avec Bruno Ruder. On discute beaucoup ensemble de musique et de tout un tas de choses. Je crois qu’on s’est beaucoup influencés. Même dans notre conception de ce qu’est que de jouer de la musique. Et quand on a envisagé avec Bruno de jouer en quartet, Joe et Guido nous ont semblé être des personnalités indispensables. Tu parles de Bruno qui est aussi un maître des Fender Rhodes. C’est quelque chose que tu essaies de garder en marge de ce projet-là ?On l’a fait une fois. Il faut bien avouer que c’étaient des contraintes techniques qui ont fait