rap ville : Houston, Tx.

En Amérique, dans les années 90, chaque ville avait sa scène hip-hop. Une identité sonore qui s’exposait du sud au nord, de l’est à l’ouest. Chaque mois, on met le nez dans une chanson de rap ou sur un disque qui illustre à merveille ce principe. Épisode 2 : Houston, Texas.

by | 22 Jan 2020

« Barely runnin and rippin, but still I’m flippin on Vogues
Hoes be trippin on Devin, Devin don’t be trippin on hoes
And they be talking bout, oh would you look at that nigga
With no inspection sticker, drankin liquor, smokin swishers »

Pour ce deuxième épisode de Rap Ville, direction le sud. Houston, l’industrie pétrochimique, la NASA, et ses 6,3 millions d’habitants (en comptant l’agglo). On parle ici de la quatrième ville des États-Unis. Difficile de définir le son de Houston. Une quantité massive de rappeurs, rappeuses, groupes et collectifs y a percé depuis 30 ans. S’il y a, malgré cela, un qualificatif qui devait ressortir, une ambiance, un mot, une sauce, je crois que ça serait smooth. Synonymes : doux, lisse, harmonieux. Et le gars le plus smooth de Houston s’appelle Devin the Dude.

Il y a un truc, avec Houston, qui rappelle la Californie. Une ligne de basse, un synthé. Mais en plus rugueux, plus dur. Si on devait user de clichés, disons qu’à L.A. ou San Francisco, le soleil et les palmiers transpirent dans les beats. Tandis qu’à Houston, le soleil peut disparaître à tout moment pour qu’un gros orage éclate. Des groupes comme 20-2 Life, Street Military, Half Dead Organization, un vétéran comme K-Rino sont plutôt du genre à aimer le bruit du tonnerre et des gouttes d’eau qui tombent. Mais revenons à notre mouton. Devin Copeland est né dans le Michigan mais a très vite rejoint Houston pour faire du breakdance et se lancer dans la musique. Signé sur le label Rap-A-Lot Records, mythe de l’industrie musicale à Houston, Devin claquera son ‘classic album’ en 1998, sobrement intitulé The Dude. La gloire médiatique arrivera grâce à une collab’ avec Dr. Dre sur le sympathique Fuck You de Chronic 2001. Devin the Dude, c’est une voix et un flow so smooooth, une attitude de branleur fumeur de joint et qui parle de fion à longueur de temps dans ses chansons. Adoubé par les connoisseurs de rap, il ne sera jamais reconnu à la hauteur de son talent de conteur et de producteur. Il accouchera pourtant de nombreux disques très solides tout au long de sa (longue) carrière.

— Lacville ’79  Devin The Dude (2002)

Lacville ’79 sortira en 2002 sur l’excellent Just Tryin Ta Live, qui compte des productions de DJ Premier, Dr Dre ou encore Mike Dean et Raphael Saadiq. Devin the Dude y raconte son amour pour sa bagnole, une Cadillac, modèle Sedan DeVille blanche qui le ruine financièrement. Ce titre coche 3 cases parmi les plus difficiles à mélanger : l’attitude, la classe et le cool. Mais c’est le site Genius qui en parle le mieux : « It is arguably Devin’s most well-known song, and features several references to his hometown of Houston and his habitual consumption of marijuana ». Check.


  • Pierre-Olivier Bobo

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