sbatax,
Antonin gerbal et bertrand denzler

festival Météo, Mulhouse, jeudi 27 août 2020.

Aussi freestyle que leur intro balancée par leur copain Joël Grip, les débats de SBATAX ? Aussi improvisé. Aussi amusé de ses propres cahots techniques. Auxquels répondront les réglages aléatoires de la batterie. Stop and Go. Les exégètes du jazz vendent ça en bonus sous l’appellation ‘False Start’. Mais ici, les fausses routes se transforment en vrai piste. De lancement pour ce duo, aussi soudé qu’un rivet sur la tour Eiffel, aussi placide qu’une mèche sur la Dame de fer. Même si elle rime avec Gérard Majax, la formule de SBATAX n’a rien de magique. Tout tient sur le cardio et sur une écoute au cordeau. C’est puissant, intense et rougi à blanc. Grip parlait plus tôt de « duo turbulent ». Plein mille, 500 Points et tournée générale dans le Parc Salvador. Antonin Gerbal et Bertrand Denzler enquillent sans bouger d’un pouce, turbulences, trous d’air et feux de réacteurs. Décollent sans faux airs de pilotes automatiques. Tout entier versé dans les prolongations personnelles d’une tradition saxée sévère, Denzler. Gerbal frappant, assenant, remâchant tout entier l’art du drumming qui sait dire, râler et pousser ses comparses dans les cordes. Turbulent alors, oui. Mais aussi, piégeur, taillé dans la masse, pétri d’une finesse de monolithe. Et foutrement communicatif. Avec SBATAX, les gars de chez Littré peuvent ajouter, tranquille, un synonyme à l’interjection « Bordel ! ».

English spoken, here.

Will the SBATAX debates sound as freestyle as their profile drawn by their friend Joël Grip? As improvised. As amused by their own technical jokes. To which the random adjustments of the drums will respond. Stop and Go. The jazz exegetes sell this as bonus records under the name ‘False Start’. But here the false start turns into a real track. A launching pad for this duo, as tight as a rivet on the Effeil tower, as placid as a lock on the Iron Lady. It’s powerful, intense and reddened to white. Grip spoke earlier of a “turbulent duo”. Bull’s eye, 500 pts and a general crawl in Salvador Park. Antonin Gerbal and Bertrand Denzler investigate without moving an inch, turbulence, air holes and engine fires. Take off without looking as automatic pilots. Entirely versed in the personal extensions of a severe saxed tradition, Denzler. Gerbal striking, grumbling with the entire art of drumming, who knows how to tell stories and how to push his fellowship into the ropes. Turbulent then, yes. But also, trapper, cut from the mass, petrified of a monolithic tenderness. And bloody communicative. With SBATAX, the guys at the Oxford English Dictionary’s office can add it as a synonym to the interjection « Fookin’ fuck! ».


Guillaume Malvoisin
photo © Jean-Claude Sarrasin

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— SBATAX paru chez Umlaut Records (2020)

Disque placée dans la collec’ du mag :
podium de la semaine du 26 août de PointBreak.

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