Open land, jazz très ouvert

Chalon/Saône, L’Arrosoir, vendredi 2 octobre 2020.

by | 5 Oct 2020 | concerts

Entame de set à la Ran Blake face à ses images. Jeu léger, sans effraction. Grain à grain, pédale légère, main droite pleine d’une tension subtile. Et Jardin perdu fleurit sans perdre de temps. Idem pour le Maroc de Perfumes Of Quietness, lent, magistral dès la première mesure, large comme le plat de la main en fin de journée. Open Land est un quartet sans bord et sans coin. Le moindre angle est arrondi, les lignes mélodiques ont la gueule languide de sirènes en chasse dans les hautes mers. En bon visionneur, Bruno Angelini regarde sa musique, en traque l’image, en pose l’équilibre entre la chambre et les grands espaces qu’indique le patronyme du combo. Angelini en trace l’itinéraire. Claude Tchamitchian, Régis Huby et Edward Perraud en alimentent le moteur. Touches précises sur embardées païennes, ça roule à cœur ouvert et le coude à la portière. Dehors, c’est l’Andalousie, un peu du stride d’Art Tatum, un des rythmes de Blaise Cendrars, et des fantasme d’Amérique. Aussi, il y a les pleines lumières qui miroitent dans les houles du monde. La géographie se plaît à se perdre dans l’histoire, dans les effets auxquels se soumet le violon. Violon prenant parfois d’assaut le castelet sonore occupé ailleurs par des DJ comme IllVibe.
Open Land est une terre de contraste comme disent les magazine de voyages. En face du Now By Another Way, ludique extrait de Instant sharing, il y a la Tree Song sorties d’Open Land, le disque, et leur mouvements terribles frottés aux archets. L’étrange territoire ouvert s’affiche royal pour les frappes en retrait de Perraud et les montées puissantes de Tcham. Pognes d’acier contre poings de velours, pour du jazz de chambre, ça cogne pas mal.


• Guillaume Malvoisin
photo © David Meugnot

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