La colère et l’invisible

Sunnyside festival, Reims, Le Shed, mercredi 14 octobre 2020.

Malgré les colères venues du monde, descendues des annonces présidentielles liées à la crise sanitaire, Naissam Jalal entame le set de son trio en douceur. C’est Al Leil. large écart entre occident et orient, l’un égrené par le piano et l’autre soufflé par au ney et à la barbe des temps moroses de retraits imposés. Ici s’imposent la beauté, la tendresse, sous-jacentes à la musique de Nassaim Jalal. Très vite, ramenées au ventre, au bassin par la basse de Claude Tchamitchian, ronde de profondeur, précise, matoise et large.
Prendre le temps de la colère, le temps de la chance de l’instant. Révéler le silence, l’invisible. Célébrer l’utopie. Plutôt éclatant comme programme ces derniers jours et ceux à venir. Contenir une forme de colère n’est pas toujours simple pour ce set, dans un morceau comme Songes par exemple, zébré de cicatrices et de griffures. Ici, l’invisible, dont le trio est en quête, comme l’annonce son patronyme, s’associe au ralentissement, à la perte de temps, de soi, de l’autre dans un commun possible. L’interplay du trio joue avec cela. Là, une longue pédale rythmique patiente, contrebasse/flûte, apporte une matière qui frise avec l’électro. Ici, la technique assurée du passage de la voix au souffle joue sur les allures de Blues in Blue des entrelacements modaux et orientaux. Blues d’Orient, rageur et en veille. Ici aussi, comme lors du set de You, la géographie est agréablement contrariée. Par ces transes intimistes, donc cathartiques. En attendant le monde d’après.


Guillaume Malvoisin
bannière © Sunnyside Festival

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Jean Mosambi a demandé à 11 artistes/illustrateurs/graphistes de créer une affiche originale pour chaque concert du festival. Affiche d’Aple76 pour les concers de You et de Naissam Jalal.

Les sérigraphies sont en vente lors des concerts, pendant le festival du 13 au 18 octobre puis sur le site internet de Mosambi.

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