Le turfu selon St-Ex.

festival Météo, Mulhouse, samedi 29 août 2020.

« Bonsoir, attachez vos ceintures », voici en guise d’introduction sourie par Luc Ex. Et d’emblée la braise couve. Ronflante, narquoise et cinglante. Nourrie de plusieurs tisons, chauds bouillants : punk, abstract électronique et technique étendues de la poésie sonore. Trilles de snare drums, filtres abrupts, irruptions d’amygdales incendiaires, étendue du spectre vocal à faire pâlir une Nadia Comaneci occupée à ses grands-écarts. Et la basse de monsieur Ex, ronde, puissante et amicale. Ce ne sont pas les fantômes de jazz lancés par les platines d’Illvibe qui la contrarieront. Passe dans ce set toute une procession d’héritages, d’inventions et d’appropriations remis en jeu sur le vif de l’instant. Audrey Chen, d’une liberté jamais fardée dans le placement de son discours, va tutoyer la litanie, l’élan funèbre comme le rauque intranquille. Transitent, parmi les sons ciselés in situ, le blues africain-américain, Getatchew Merkuria. les tragédies anciennes. Ça tape dans le gras de l’épaule, ça enfle et ça secoue. Azy, Luc, même avec la ceinture détachée, ça passe crème.


Guillaume Malvoisin
photo © Jean-Claude Sarrasin

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