Kyle Eastwood fait du cinoche

Sunnyside festival, Reims, Opéra, mardi 13 octobre 2020.

À l’Américaine. Façon club. Chemises repassées. Mèches carrées. Musique nickel. Formation des rangs façon classic 5tet modèle post-Bop. Exposition solos, trompette sax piano. Guest vocal en final. À l’ancienne. À l’Américaine. Dans son archéologie perso du jazz puis dans laretranscription in vivo de ses notes, Kyle Eastwood, biberonné à la syncope fifties par son daron, se fabrique son propre âge d’or. Sans doute les Jazz Messengers sont-ils en point de mire. Les codes sont dans les clous, le drive vient pousser ce qu’il convient de pousser et vient agir sur les nuques. Les têtes bougent. C’est réglé au cordeau, c’est dans les règles. De l’Art. Celui d’un jazz de cinoche. Ouverture avec le Skyfall tracé par Adèle pour le James Bond éponyme. Puis relecture de La Sanction, filmée en 1975 par Eastwood, senior. Puis d’autres pépites d’OST, projet du dernier disque conduit par Kyle Eastwood. Gran Torino. Taxi Driver et un Bullitt, piloté au volant d’un SUV Picasso. Pas ouf mais idéal véhicule pour aller rendre une très jolie visite aux Moulins de mon cœur de Michel Legrand. Camille Bertault l’allume sans attendre, d’une voix forgée seventies, grave, languide et astucieusement détimbrée, façon bossa funk à la française. Les amitiés transatlantiques se redressent, le set se formate CinémaScope. À l’Américaine ? À la papa, dirait-on si la langue d’ici ne péjorait pas éhontément l’expression. Ce jazz-là est certainement tombé du regard amoureux de Daddy Clint, dans l’oreille de junior. Sans brute, ni truand. C’est donc un jazz qui trace l’idée de nation, de communauté de jeu. Et la règle en est évidente. Plaisir. Un jazz à l’appel clair, clair de lecture et de plaisir. Offrir, recevoir, même combat.


Guillaume Malvoisin
bannière © Sunnyside Festival

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Jean Mosambi a demandé à 11 artistes/illustrateurs/graphistes de créer une affiche originale pour chaque concert du festival. Affiche d’Ivan Rock pour le concert de Kyle Eastwood.

Les sérigraphies sont en vente lors des concerts, pendant le festival du 13 au 18 octobre puis sur le site internet de Mosambi.

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