Le grand bleu de Juliette Serrad

Sunnyside festival, Reims, Musée Le Vergeur, mercredi 14 octobre 2020.

Solo d’évocations. Rivages, grandes marées, océan au large. Ça, c’est laissé au choix de l’oreille qui reçoit, sinon, à son essentiel, ce solo est un récit. Et plus justement, selon l’auteure, une suite electroaquatique, pour violoncelle et effets. Pas un coup d’épée dans l’eau, cependant. De l’acoustique du violoncelle travestie, pixelisée ici et bouclée là, Juliette Serrad laisse émerger des figures libres, de longues phases sonores aux développements lents et aux structures complexes. Le silence y a sa part, les effets ne prennent jamais la voie gratuite. Tout est pensé sur le vif, chaque élément pesé selon son utilité. Qu’il fournisse du matos aux boucles, qu’il vienne compléter ces loops. Naît alors, une musique de climats, de grooves marins, de folk inventé, de répétitons modulées. Une musique référencées parfois (Hello Steve Reich), une musique cinématique où le téméraire joue avec le funéraire, le menu avec le menuet. Voilà une manière d’exposition d’intérieur, souvent le principe même du solo. Une expo d’images intimes, choisies, ordonnées, cadencées. Juliette Serrad n’invente pas le violoncelle liquide et c’est tant mieux car cette musique va chercher profond de quoi vous remettre les pieds sur terre.


Guillaume Malvoisin
bannière © Sunnyside Festival

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Jean Mosambi a demandé à 11 artistes/illustrateurs/graphistes de créer une affiche originale pour chaque concert du festival. Affiche de Small Studio pour le solo de Juliette Serrad.

Les sérigraphies sont en vente lors des concerts, pendant le festival du 13 au 18 octobre puis sur le site internet de Mosambi.

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