jaimie branch, fly or die.

Strasbourg, JAZZDOR, mardi 12 novembre 2019.

by | 4 Déc 2019 | concerts

À la Caravage. Rien de moins pour le set strasbourgeois du quartet Fly Or Die. Jazzdor vient de se prendre un éclat au coin de l’œil lancé par son quarter soufflant, miss Jaimie ‘Breezy’ Branch. Rien de moins que le Caravage pour le tableau d’ouverture. Grands traits sonores, insistances des polyrythmies de Birds Of Paradise lancées par Chad Taylor. Et, le clair mêlé à l’obscur. À la demande de Branch, les lumières de scènes resteront baissées sur la durée du live. Boucher l’œil pour ouvrir l’oreille. Facile. Et y jeter ce que le combo sait faire de chants fragiles, donc magnifiques, d’embardées sauvages et de réjouissances, aussi. Et venues d’un bayou réimaginé, toutes sortes d’imprécations pleines de growl, d’hyperventilation classes, d’attitudes de chien de faïence prêts à taper sur le bec du gars Donald. Parce que, même en V.O., ce jazz pose ses évidences. C’est un jazz de frondeurs. Pas le genre de pote qui te passe la brosse dans le sens du poil.

C’est un combo de Carnaval du Vieux Carré inventant ses racines punk et gueulardes, des plaisirs hip hop années 30, des danses de Zulu King, la bande son tracée pour une Amérique d’aujourd’hui, furieusement cauchemardesque sur certains de ses bords.

Strasbourg, une des capitales d’une Europe qu’on dit en panne a vu débouler dans son Fossé un lot de musiciens rompus à la cause. Gauniché comme un combo de Carnaval du Vieux Carré inventant ses racines punk et gueulardes, des plaisirs hip hop années 30, des danses de Zulu King, la bande son lourde tracée pour une Amérique d’aujourd’hui, cauchemardesque sur certains de ses bords, rebaptisée, pour la peine, Amerikkka. Le blues est patent dans la Prayer qui vient consacrer ce re-baptême. Une prière for the Good and Bad. Les pieds englués dans une noirceur épaisse, on attendra un peu la venue du Beautiful. Sombre, chambriste, précis. Sous les traits, en alternance, de Jason Ajemian et de Lester St. Louis. Royal, lui aussi. Les deux posés sur le drumming impatient de Taylor, quadrillant l’espace où Branch peut frapper le clou d’une rage cuivrée et hors cadre. L’obsession est si profonde et si visible, qu’on imagine sans mal JB en Captain ACAB chevauchant, enfin, Moby Dick, plongeant comme on raconte des contes, accroché à son concert comme à une expérience physique et collective.


⊗ Guillaume Malvoisin, à JAZZDOR Strasbourg
photo © Mathieu Bouillod

English spoken, here.

Let’s say Caravaggio. Nothing less for this Strasburger set of the Fly Or Die quartet. Jazzdor fest has just been kicked by its blowing quarter, Miss Jaimie ‘Breezy‘ Branch. Nothing less than the Caravaggio for the opening. Broadly painting, urge of the polyrhythms of Birds Of Paradise launched by Chad Taylor. And, light. Light mixed with the dark. At Branch’s request, the stage lightning will remain down for the duration of the live performance. Shut the eye and you’ll open the ear. And throw in that grand open hole what the combo knows of dealin’ with fragile, therefore magnificent songs, wild swings and celebrations, too. And from a reimagined Bayou, all kinds of curses full of growl, classy hyperventilations, ceramic dog’s attitudes ready to slap Donald’s beak. Because, even without subtitles, this jazz is self-evident. It’s a slinger jazz. Not the kind of buddy who brushes your hair in the right direction.
Strasbourg, one of the capitals of a Europe that is said to have broken down, has seen a batch of musicians who are familiar with the cause come into its ‘Fossé’. Clothed as a combo of Carnival of the Old Square, inventing its punk and whiny roots, hip hop pleasures of the 30s, Zulu King’s dances and a heavy O.S.T. of a nowadays Americana, nightmarish on some sides, renamed with a painful Amerikkka. The blues is obvious in this Prayer which consecrates this re-baptism. A prayer for the Good and Bad. With our feet stuck in a thick darkness, we’d to wait a little while for the arrival of the Beautiful. And it came. Dark, chamberist, precise. With face of Jason Ajemian and Lester St. Louis alternately. The two musicians spotted on Taylor’s impatient drumming, crisscrossing the space where Branch can hit her nail with a coppery rage. The obsession is so deep and so visible that it is easy to imagine JB as Captain ACAB riding, finally, Moby Dick, diving as one tells stories, clinging to his concert as a physical and collective experience.

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