Ausgang, sortie de secours.

Tribu festival, Dijon, mercredi 30 septembre 2020.

Sortie de secours ? « Je suis mort en existant ». Pas sûr. Hip-hopost-rock, rage de quadras, live bétonnée. Casey auto-calibre son flow sur La Rage m’appelle et Sonny Troupé fait ce qu’il peut pour la lourdeur, et c’est là que la classe du batteur agit et nourrit la musique de diagonale et de finesse. Plus seulement frontale, la colère. Plus seulement excavée du gosier, la furie. Ausgang, c’est un croisement, d’expat’ de Zone Libre, de reliefs des frasques de Casey avec B James, des soucoupes d’Expeka trio. Manu Léonard, exégète sonore et Marc Sens, gratteux aussi urgent qu’impassible, parfaits, nappent les sons, l’overdrive comme les graves du moog. Et la paire Casey/Troupé peut viser easy la harangue des mauvais plans, les scansions crapuleuses et les mises à distances. Bam, bam, bam, tir à côté ! 3 tracks chauffés et c’est l’incendie. Les rangées paraplegiquées par Sir Covid sont poings levés et gosiers ouverts. Ouverts face aux hyperboles, aux métonymies métrées chirurgicales, aux rimes amourachées et sorties de l’ombre pour rejoindre les ors du Tribu, festival aux allures passagères de balagan incendiaire. Avec une gueule caribéenne. Avec un mélange de cabaret viennois où Chuck Berry flirte grave avec les trois notes façonnées par Jean-Claude Vannier pour le Que Je t’aime de Johnny, où la noise épaule la littérature V-NR. Ces temps-ci, on sort couverts. Alors ça étouffe un peu, ça rage à couvert, ça s’agace et ça glose. Ausgang loin de montrer la porte de sortie fracture des fenêtres pour qu’on prenne un peu d’air. Très urbain, parfaitement nécessaire. « Tu te crois seul et protégé mais ton monde va changer ». À suivre.


Guillaume Malvoisin
photo © Edouard Roussel / Tribu Festival
visuel affiche © Magali Baracco

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— Chuck Berry par Ausgang (2020)

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