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Tribu festival, Au Maquis,
vendredi 22 septembre 2023.

par | 29 Sep 2023 | concerts, Tribu festival

tribu festival nana benz

Togo-Polynésie, allers-et-retour. Deux sets pour ouvrir l’édition 2023 du tribu. Féminisme, écologie, recyclage, lapsteel et danse jusqu’à plus soif. Mieux qu’Hawaï Police d’Etat, plus fort qu’une playlist Spotify.

Nana Benz du Togo

Les prévisions météo annonçaient un cordial 10°C, hier soir, à Dijon. Au Maquis, pourtant, à 22h, laissez tomber les écharpes et les polaires. Départ de feu à signaler pour la soirée d’ouverture du Tribu festival avec le set des Nana Benz du Togo.
Percussions trépidantes sur matériaux de récupération, seaux en plastique, cuve en métal, tuyaux en PVC et coups de claquette. Boucles électroniques minimales. Et 3 voix ardentes, 3 femmes à la puissance fédératrice et au message militant sans appel. Un concept voisin à celui des Mamans du Congo, grandes invocatrices du « pouvoir féminin » (Kikento en langue lari, titre de leur dernier EP). Ici, au bord de l’écluse et ailleurs, le digital vaudou des Nana Benz s’impose comme un groove de transe et remet à leur place les femmes, les hommes et la nature. C’est-à-dire sur un même pied d’égalité. « Liberté », scandée et revendiquée le poing levé, plus tard, toujours aussi ferme : « Quand je dis non c’est non, oui c’est oui ». Rythmées par des chants envoutants, leurs paroles sans faux-fuyants se seront peut-être frayées un chemin dans quelques bienheureuses oreilles, entre un déhanché à droite, une tête balancée à gauche.

— Camille Fol

Le Grand Couturier

Comment échapper à nos clichés, aux mélodies hawaïennes qui nous trottent en tête ? Par la fée électricité. Par la déesse noise. Prenez l’imaginaire, le lap steel de Sol Hoopii nous fait voguer vers les îles. Jean-Francois Riffaud, lui, choisit de dériver. Le geste tranquille, un peu de rêverie, un poil de chaos. Pari ici d’y croire à moitié. Casser les codes, mais pas trop, mais quand même un peu. Slide à la cool avant la dérouille. L’écran du film joli projeté depuis longtemps dans nos cervelles se déchire enfin. Troué par le vrombissement des claviers de Rachel Langlais, attaqué par la frappe de Clément Vercelletto. En gommant le vernis propret, on atteint la profondeur non-enregistrée d’Hawaii et de la Polynésie. Le folklore, peut-être ? Ça transpire la nostalgie, ça oui, c’est le hawaï-slide style. Mais Le Grand Couturier ouvre les portes du bruitisme et fait tanguer le navire, pas sûr que l’horizon soit si fleuri finalement. Plutôt, une étoffe sonore cousue à six mains, posée entre deux mondes : celui qu’on connaît et celui que l’on défriche.

Lucas Le Texier


photo © Edouard Barra / Tribu festival

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