Nina Simone, suprême sorcière

Nina Simone

Nina Simone © Jeff Hochberg

Dans l’héritage du jazz, il y a deux types de types. Et c’est encore plus vrai quand ces types sont des femmes. Certaines se font remarquer dans l’histoire du jazz. D’autres, dans l’Histoire. Tout simplement. Que ce soit pour les oreilles de la Gen Z, de la Gen Y, des Millennials et Boomers, celle-ci est incontournable. Pseudonyme notable. Voix singulière. Chansons historiques. Tout simplement. Cette femme, c’est Nina Simone. Avec, environ, 50 albums à son actif. Seulement. Aujourd’hui, ses chansons sont entendues et réentendues dans des films et des séries, dans des pubs aussi. Sérieusement, qui n’a jamais entendu Feeling Good ou I Put A Spell On You ? Pourtant, on le sait, être célèbre n’apporte pas que des avantages. Plutôt le contraire, même. Nina n’était pas du genre poule à pondre des singles. Sa vie est imprégnée de doutes, de racisme, de chagrin et de regrets. A bittersweet life.

Eunice Kathleen Waymon a.k.a Nina Simone est afro-américaine et elle naît en février 1933. Être une femme, noire, descendante desclaves et vivre dans un état du sud aux States, en 1933, c’est savoir qu’on aura, certainement, une vie de merde. Mais ça peut faire la qualité d’une artiste, n’est-ce-pas ? Dès l’âge de 3 ans, Nina tombe éperdument amoureuse du piano et rêve d’être la première pianiste noire classique. Spoiler Alert, ce n’est jamais arrivé. Etonnamment. À la place, elle dérivera sur le jazz. Un bâton dans les roues en plus. Pour atteindre son but, elle a besoin de thunes. Normal. Pour ça, elle ira jouer du piano dans des cabarets et se forcera à chanter. Pour le bonheur du monde. Sauf le sien. Nina subit. Son rêve est ailleurs. Il s’éloigne. Doucement mais sûrement. Pour combler le vide, elle milite pour les Droits Civiques du peuple noir dans les sixties américaine aux côtés de Malcolm X et Martin Luther King. Audacieuse et bagarreuse, elle n’a peur de rien et s’exprime. À défaut de ne pas pouvoir utiliser un gun, elle appuie sur la détente de sa voix et mitraille avec ses mots. Puissant et terrifiant.

Four Women (1966)

Feeling Good (1965)

Sinnerman (1965)

Isn’t It A Pity (1972)

Ain’t Got No, I Got Life (1968)

Brown Baby (1962)

Côté bio, Nina Simone naît donc en 1933. Elle vit. Plutôt, elle survit. Tout lui échappe, ses rêves, sa famille, son mari, sa fille, sa santé mentale et son pays. Trois choses la tenaient en vie : le combat contre le racisme, le piano et la musique classique. C’est à 70 ans, en avril 2003, qu’un cancer du sein lemporte, embaumée par la chaleur du sud de la France. Nina a donc eu une vie douce et amère. Faite d’argent, de célébrité, de rencontres mais aussi de peine et de souffrances. Une grande femme et finalement une voix inoubliable. Sa signature reste indélébile. Encore aujourd’hui, son influence est colossale. Tout le monde sen inspire. Pour Elton John, Sade, David Bowie ou encore Nick Cave, c’est une légende. Une vraie. La sélection, strictement subjective, des 6 titres de cette page devrait vous suffire à vous en donner un aperçu.


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