beans

La Pépite, La Vapeur, Dijon
mardi 9 avril 2024

Beans

Pépite. C’est ce qui était annoncé, c’est ce qu’on a eu. Beans, fraction speed de feu Antipop Consortium, est de retour à Dijon. La Vapeur, petit club, mi-plein, mi-curieux. 14 ans plus tard pour celleux qui avaient levé les bras au même endroit. So, pépite ? Indeed. Set rap ultra rapide, teigneux, brut, ice-cold et super souple. Le tout backé avec un iPhone sur DI. La petite magie de Beans est là. Dans ses préoccupations d’hyperactif insomniaque. Debout chaque matin à 6 dum. De quoi bosser et rebosser les textes, d’en ciseler les entournures abstraites — dildo rime méchamment avec resignation, va savoir — et aussi aiguës que la tête d’un Gilette 3 lames. Tout s’enchaîne sans transition, dans ce set taillé very sharp, complètement wack. Les genres comme les citations : BDP qui file la caisse-claire têtue de son The Bridge Is Over, en guise de sample au long cours. Parfois, il ne faut guère plus. Les prods sont à l’os. Reste le flow de Beans qui survole cette collection sonore et historique, comme Edgar Grospiron survolait les bosses d’Albertville en 1992. Avec une science amusée des courbes à négocier. Urgence, carrément. Panique, no sir. Beans tient la baraque et la décore avec ce qui lui passe sous la main. Prod cold wave ici, beats au velouté soul là, électro cubiste ailleurs. Sur cette petite tempête atomique, il y a, donc, le flow. « Je rappe comme un sax free en solo », nous confiait-t-il juste avant, en loges, portant à sa bouche l’énorme chevalière en forme de tête de Sun Ra. Entre le maitre afro-futuriste et le rappeur-poète, rien de moins que le Cosmos, et tout ce qu’on mettra de bonheur et de plaisir à fouiller les pépites qu’ils auront déposées à nos pieds.


guillaume malvoisin
photo © Chantal Masson

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