Sylvain rifflet 

Sylvain Rifflet : saxophone, clarinette, shrutiboxVerneri Pohjola : trompette
Benjamin Flament : percussions ⋅ Sandrine Marchetti : harmonium

Chronique live. Chalon-sur-Saône, février 2020
L’Arrosoir, jazz club.

Vapeurs et mécaniques. Parfaitement huilées. Archéologue musical et remodeleur harmonique, Sylvain Rifflet était, le 8 février dernier, à l’Arrosoir pour livrer un de ses nouveaux projets, Troubadours : recueil imaginaire, disque de poètes disparus, musiques profanes meslangée à la complexité des rythmes et des sonorités orientales. Sur scène, le quartet amène une musique libre et répétitive rehaussée par l’envie d’explorer les possibilités harmoniques et rythmiques que propose la musique modale. Cette liberté s’affiche sans rosir. Rifflet joue avec l’anachronie pour créer une atmosphère singulière. Sa houppelande en cuir contraste avec sa shrutibox actionnée à distance et le « flamentophone » mi-acoustique mi-électrique de Benjamin Flament. Contraste encore, l’harmonium de Sandrine Marchetti s’impose comme une machine à remonter le temps, comme un terreau modal à l’improvisation du quartet. Sax et trompette se frottent le pavillon et batifolent pour se rejoindre, se complète dans un dialecte harmonique oscillant, sans fatigue, entre les modes majeur et le mineur. Du steampunk pour adultes. Parfait.


• Théo Bourdier

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