« Rita Payès embrasse le folklore espagnol, le flamenco et les mariachis mexicains, croisés dans une écriture pop symphonique. La musicienne s’y glisse parfaitement. Voix grave et généreuse, grande tessiture. »
rita payès
samedi 13 décembre,
espace des arts, chalon/saône
— chronique
—
par Lucas Le Texier
photo © Clara Ruiz
—
concert organisé en partenariat avec Les Musicaves
La pépinière de Joan Chamorro continue de faire pousser les talents. Le pédagogue barcelonais qui a monté le Sant Andreu Jazz Band dans un quartier de Barcelone, capitale catalane, avait accompagné l’ascension de la trompettiste Andréa Motis. Alors à voir et écouter Rita Payès, de quatre ans sa cadette, 25 ans tout pile, dont dix ans de musique au compteur, on prévoit sans trop de mal la suite. À Chalon, la tromboniste et chanteuse est venue accompagnée d’un duo de guitares acoustiques, d’une basse-bat’ et d’un quatuor à cordes. Très vite, elle se démarque de sa consœur. Fini le jazz trad’ ou le regard tourné vers les USA, Payès embrasse le folklore espagnol, le flamenco et les mariachis mexicains, croisés dans une écriture pop symphonique. La musicienne s’y glisse parfaitement. Voix grave et généreuse, grande tessiture. Si l’anglais reste la langue du rythme, l’espagnol est celle des histoires, des balades, de l’imaginaire voyageur. Mélange entre le mélancolique et le chaleureux, propre à l’univers de Payès entre les syncopes bossa et ibériques. Influence de la madre, Elisabeth Roma, maîtresse en guitare classique et bossa, à ses côtés sur scène. Leur connexion laisse tournoyer la musique de Payès, entre accords grattés riches, curieux, catchy, et des arrangements de velours taillés pour les textures chaudes de l’orchestre. Paternité et maternité du succès.