50 ans après la lettre de Pete Seeger, les Old Ma Crackers héritent de ses réflexions. Pourquoi ne pas pousser encore plus loin le syncrétisme des démarches ? Soit, réunir deux genres, jug américain et folk de France, laissés sur deux chemins assez distincts.
Old Ma Crackers
Jug Music vs Morvan Folk
— podcast
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réalisation Lucas Le Texier
photos © Vincent Arbelet
line-up
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Selma Namata Doyen
• washboard, xylophone, kazoo, chant
Jérôme Billaud
• banjo, lapsteel, guitare, chant
Lucas Le Texier
• guitare, harmonica, contrebassine, jug, kazoo, chant
Blaise Gallois
• ukulélé, mandoline, chant
« Ne vous laissez pas coca-coloniser », écrivait le chanteur de folk contestataire Pete Seeger, dans une lettre écrite en 1972. Elle s’adressait alors aux jeunes musiciennes et musiciens du monde entier et Seeger appelait les jeunes gens à prêter au folk de leur pays, la même attention que celle dont ils témoignaient pour le folk américain. Cette lettre fut souvent analysée comme la première étape du renouveau folk français qui s’ensuivit : La Bamboche, Mélusine, Perlimpinpin Fòlc ou Malicorne.
Inspirés par le blues et le folk US, des groupes français de jug music se forment à la même époque : le Backdoor Jug Band de Bill Deraime ou encore le Gourville Jug Band à Poitiers. Partant du blues, ces groupes imaginent une francisation de sa fonction de chronique. Deraime fera même de la francisation du blues un de ses chevaux de bataille pour évoquer le social et le commun.
50 ans après la lettre de Seeger, les Old Ma Crackers héritent de ces réflexions. Pourquoi ne pas pousser encore plus loin le syncrétisme des démarches ? Soit, réunir les deux genres, jug américain et folk de France, laissés sur deux chemins assez distincts. C’est ainsi que le quartet aborde le répertoire folk du Morvan avec ses oeillères made in Americana. Musiques populaires de l’Ouest, unissez-vous.