« Walker trace le cadre de chaque titre pour mieux laisser en déborder les contours. La pulse sert de hook, les nappes portent l’oreille ailleurs, vers d’autres champs possibles. Se côtoient au millimètre jungle solide et abstraction planante. »
movement,
warren walker
w/ antonin violot
— chronique
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par guillaume malvoisin
photo © Bogdan-Mihai Dragot
line-up
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Warren Walker saxophone, modular synths
Antonin Violot drums, electronic
i see colors
mars 2026
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FR.
Like a whithin a wheel, écrivait Alan Bergman pour le Windmills of your Minds de Michel Legrand. Une roue dans la roue. Et mille petites hypnoses qui déclenchent dès ses premiers mouvements. Du mouvement il y en a dans ce disque de Warren Walker, jusque dans son titre. Illusion d’immobilité, du circulaire, qui continu, du perpétuel. Du minutieux, du sensible, du sensuel. Épaulé par Antonin Violot, électro-batteur pointilleux, Walker trace le cadre de chaque titre pour mieux laisser en déborder les contours. La pulse sert de hook, les nappes portent l’oreille ailleurs, vers d’autres champs possibles. Se côtoient au millimètre jungle solide et abstraction planante. Le mouvement du titre devient ainsi cet aller-retour entre construction d’une forme et remplissage de celle-ci à grands renforts de touches ludiques, empruntées à la culture rave et au besoin d’avancer vers d’autres paysages. Désormais, chez pointbreak, on connait un peu mieux celui qu’on avait qualifié d’arpenteur des marges, lors de la sortie du très beau et durable (n)Traverse. Plus qu’un marcheur, Walker est cycliste, Californien expat’ à Barcelone. Gravier ou sentier cassant, le bonhomme est à l’aise et sourit de façon égale à la notion de cercle et à celle de cycles. C’est ce qui compose la génétique de Movement. De petites boucles, pour le plaisir et la découverte, pour la redescente (A Million Dreams) ou des montées plus sauvages (Focus). Rien d’autre qu’un compagnon sonore à mettre dans sa poche de maillot, avec une barre de protéines et un peu d’eau.
US.
“Like a wheel within a wheel” wrote Alan Bergman for Michel Legrand’s Windmills of Your Mind. A wheel within a wheel. Plus a thousand hypnotic moments that take hold from the very first notes. In fact, there’s plenty of movement in this Warren Walker’s record : illusion of stillness, circular ones, continuous breathes, perpetual ones. Meticulous, sensitive, sensual. Backed by Antonin Violot, a meticulous electronic drummer, Walker draws the framework of each track only to let the contours spill over. The pulse works as a hook; sound slicks carry the ear elsewhere, toward other possible realms. Solid jungle and soaring abstraction rub shoulders with millimeter precision. Title’s movement thus becomes this back-and-forth between constructing a form and filling it with playful touches, borrowed from rave culture and the need to move toward other landscapes. Now, at pointbreak, we know a little better the man we once called a “wanderer of the margins”, upon the release of the beautiful and enduring (n)Traverse. More than a walker, Walker is a bike rider, a Californian expat in Barcelona. Whether on gravel or rugged trails, the guy is at ease and smiles equally at the notion of a circle and others rounds. That’s what makes up the DNA of Movement. Short loops, for fun and discovery, for the descent (A Million Dreams) or wilder climbs (Focus). This one is nothing more than a musical companion to slip into your rear pocket, along with a protein bar and some water.