« Il y a beaucoup ce truc du je me fais tout seul, dans le rap. Alors que dans la vraie vie, pas du tout. J’aurais jamais réussi les trois quarts de ce que j’ai accompli aujourd’hui, sans avoir des gens autour de moi. »


GOS
interview popopop

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GOS

interview popopop
— gos

en partenariat avec CHKT et Radio Dijon Campus,
en marge du live radio Choubreak

Questions échevelées pour réponses spontanées. On apprend à connaître un groupe par des voies détournées, par la culture pop et les voiles de pudeur. Sérieux ou pas, à vous de jauger. Avant l’émission radio ChouBreak du 22 janvier, voici la Popopop du poseur Dijonnais GOS, ancien bébé du rock, rappeur d’aujourd’hui. Génération iencli, Tom Morello et Jazz Radio.


propos recueillis par Chanel Beaujean, janvier 2026
photo © DR

La première fois que le rap frappe à ta porte ?
C’est surtout à cause de mes potes. À la base, je naviguais pas du tout dans cet univers-là, Je suis guitariste et chantais alors dans un groupe de rock. Mes potes écoutaient du rap tout le temps. De fil en aiguille, à force d’écouter un, deux puis trois morceaux, j’ai fini par kiffer ça de ouf. J’ai complètement dévié. J’ai d’abord commencé à mettre du rap dans le rock que je jouais et puis après j’ai fini par lâcher la guitare.

Quel âge avais-tu alors ?
C’est assez tard, 19 ou 20 ans.

Ah, oui. J’allais te demander si grandir avec le rap ça forgeait mais c’est mort.
Je fais totalement partie de la génération iencli, quand c’est devenu mainstream.

Ça a pu être quand même un défouloir, le rap ?
Bien sûr, c’est même justement ça que j’ai adoré. À l’écriture, ça offre beaucoup plus de possibilités que dans des formats classiques, comme le rock ou la pop. Plus de mots, plus de richesse dans le vocabulaire qui change selon les régions, les courants… C’est cette richesse qui m’a plu. Je venais d’un milieu un peu redondant, où c’était difficile de trouver du neuf. Là, chaque morceau était une nouvelle manière de voir les choses.

Le premier CD que tu as acheté ?
Rage Against The Machine. Mais je ne l’avais pas acheté, c’est un truc que mon père m’avait filé et c’est ce que j’ai le plus poncé dans ma jeunesse. Je kiffais bien Tom Morello à la guitare. C’est ce qui m’avait donné envie de faire du rock. Après coup, c’est marrant, parce qu’il y avait déjà un peu de Hip-Hop.

Le tout premier son entendu aujourd’hui ?
C’était un truc sur Jazz Radio qui est passé ce matin. Le morceau s’appelait I Love You. Très sympa, très stylé.

Dans Miette, le timbre de ton chant rappelle celui de la variété. Avoues, tu en as pas mal écouté, non ?
Beaucoup, avec mes parents… Beaucoup moins maintenant mais ça a eu forcément une influence.

Dans le clip, tu déambules dans Dijon. Ça t’inspire, la ville ?
Quand j’ai besoin d’écrire et de composer, je sors.

Dans ce clip, tu es aussi très seul. Cette posture un peu de loup solitaire, ça participe à la construction de l’ego dans le rap, non ?
De fou. Il y a beaucoup ce truc du je me fais tout seul, dans le rap. Alors que dans la vraie vie, pas du tout. J’aurais jamais réussi les trois quarts de ce que j’ai accompli aujourd’hui, sans avoir des gens autour de moi.

Dijon, ville de rap ?
C’est clair que ça n’a pas l’impact culturel de Paris, Lyon ou Marseille, mais quand même. J’ai été surpris de voir tout ce qui se fait à Dijon, longtemps je pensais que c’était une ville un peu morte à ce niveau. Même si la ville n’est pas à son prime, ça viendra. Il y a trop de monde qui se bouge pour que ça n’aboutisse pas à quelque chose de sympa.

Le ou la rappeur·se absolu·e ?
Celui qui m’a vraiment mis dedans, c’est Népal.

Ton beatmaker préféré ?
Je vais dire Gaby… C’est le mec avec qui je travaille. Beaucoup de ces morceaux vont bientôt sortir.

Le/La rappeur·se avec qui on en fait trop ?
Je vais pas me faire que des amis mais je vais dire SCH. Tous mes potes sont à fond dessus : « Ah écoute celui-là ! ». Je trouve qu’il y a une certaine redondance, même si certains morceaux restent très très chauds.

Drake ou Kendrick ?
Kendrick.

Écrire, c’est dans ta chambre ou en studio ?
Studio. Je préfère, je suis jamais chez moi.

Tes textes, en vrai, ça parle de quoi ?
Wow, en vrai je ne sais pas vraiment ce que je mets dedans. Parfois, je me laisse un petit peu avoir par mon texte.

La prise de notes, sur ton téléphone ou dans ta tête ?
J’écris sur téléphone. Je construis mon 16, je recommence, je repars au début, je trouve la phrase d’après, je repars encore au début. Je mets une éternité à écrire, c’est un enfer. Mais quand j’arrive devant le micro pour poser, j’aime bien avoir le texte vraiment en tête, sans avoir le téléphone en appui.

Tu enregistres tout en seule prise ?
Je trouve que c’est ce qui crée le lien dans un morceau, dans la manière qui est la mienne, du moins. Même pour l’interprétation, c’est plus pertinent. Je suis plus à l’aise comme ça. Je sais bien que ce n’est pas la méthode la plus rapide, pourtant.

Tu penses à quoi quand tu lances un freestyle ?
C’est un truc assez brut. Sans trop d’artifices. Juste des instrus, un rappeur, c’est tout.

Ton pire souvenir de freestyle ?
Les oublis de texte surtout. Tu arrives en open-mic, tu commences, puis tu as le premier vide… et après plus rien. Ça, c’est beau. Ça forge.

Imagine, on t’offre un feat. rêvé, artiste mort ou vivant ?
Mort, j’aurais dit Népal, pour faire un high five. Sinon, même avec mon artiste préféré, ça se passerait sûrement pas comme je veux. Le meilleur feat. qui puisse exister c’est celui auquel tu ne t’attends pas.