« Mandoliniste oblige, le virtuose arrange et s’amuse avec le grand répertoire de la country, du bluegrass, sur sa petite voix de miel et son jeu de velours. »
chris thile
jeudi 13 novembre,
espace des arts chalon
— chronique
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texte Lucas Le Texier
photos © DR
concert organisé en partenariat avec Les Musicaves
Chris Thile a l’aisance. Sourire et bonne ambiance. Ce petit côté showman américain qui captive son public en quelques minutes. Mandoliniste oblige, le virtuose arrange et s’amuse avec le grand répertoire de la country, du bluegrass, sur sa petite voix de miel et son jeu de velours. A l’Espace des arts, la mise en scène est sobre, lumière chaude sur tapis de salon, comme si l’on était accoudé à la cheminée. Et l’on écoute Thile parler des femmes, des hommes, de l’Amérique et de la vie. Avec son petit look de dandy, quasi hobo américain, on lui donnerait le bon dieu, lui prêterait l’oreille pendant des heures. Le programme donc, un pot-pourri de la chanson populaire américaine. Mais Chris Thile est un virtuose et un adorateur de Bach (Bach, Sonatas and Partitias, vol. 2) qu’il mêle aux sons du Sud et de l’Ouest américain. Rythmes, harmonies et mélodies s’embrassent, se détestent et se retrouvent, mélangés par cet homme orchestre à la voix légère et voguante, battant du pied comme un cowboy sur son rockin’ chair. Surtout, la mando de Thile est un prolongement de son corps. Il sourit à ses traits rapides, rit à ses rythmes profus. Le public est dans l’entre-deux, silencieux et impressionné, heureux et enjoué. Pas un bruit pendant Bach mais des rires pendant les fox songs, les fiddletunes et les assemblages de mélodies pop trad’ d’ici et là. Ce n’est pas qu’un virtuose, c’est aussi une encyclopédie. Consensuel ? On dira plutôt Universel.