« 3 tables rondes de paroles, d’échanges et de points de vue et d’explorations sonores dédiées à la part féminine de la création musicale. »
journées du matrimoine 2026
— la recherche par ·pointbreak
Voici trois tables rondes pour considérer le matrimoine musical non comme un inventaire, mais comme un problème très contemporain : qui accède à la pratique, qui transmet, qui devient visible, qui produit les récits — et quelles institutions finissent par les consacrer.
Du jazz au prisme du genre aux relations parfois peu paisibles entre politiques publiques et contre-cultures, avant de déplacer le regard vers les musiques populaires, le lyrique et de nouveaux objets de recherche, artistes, chercheuses, journalistes et professionnelles confronteront savoirs, expériences et méthodes.
Il sera question de transmission, de pouvoir, de représentations, de carrières et de légitimité. Bref, de musique — dès lors qu’on cesse de faire comme si elle tombait du ciel.
vendredi 18 septembre
l’Ours Pimpant, 40 rue Amiral Roussin
13h-17h • Concert et tables rondes
avec
Sakina Abdou, musicienne — Sophie Benard, autrice et journaliste — Florence Borg, musicienne et directrice d’orchestre — Alejandra Charry, musicienne — Marianne Chauvin, musicologue — Selma Namata Doyen, musicienne, rédactrice et chercheuse en sciences sociales — Marine Flèche, musicienne et pédagogue — Laura Hanequand, chargée de mission au sein de Grands Formats — Valentine Leboucher, consultante dans le secteur culturel — Christine Martin, adjointe au maire de Dijon déléguée à la culture — Anouk Petitot, animatrice productrice de radio – Raphaëlle Tchamitchian, journaliste, autrice et enseignante.
Tables rondes organisées en partenariat avec le Centre de Recherche en Gestion des Organisations (CREGO, Université Bourgogne Europe) et le laboratoire Littératures, Imaginaire, Sociétés (LIS, Université de Lorraine).
Tarifs
accès gratuit à toustes.
sans réservation.
Tables rondes organisées en partenariat avec le Centre de Recherche en Gestion des Organisations (CREGO, Université Bourgogne Europe) et le laboratoire Littératures, Imaginaire, Sociétés (LIS, Université de Lorraine).
13h • Marine Flèche & Selma Namata Doyen
duo de batteries issu de la battle matinale
Marine Flèche et Selma Namata Doyen sont deux frappeuses. Esprits, café, poings serrés. Tout converge à faire de leur punch des territoires sonores familiers et hypnotiques. Frappés du coin du bon sens. Elles se découvrent ici en direct, baguettes en main. Cette Battle, entièrement improvisée le matin, sans partition, sans filet et sans contentieux préalable, devient un dialogue courtois ou un très élégant fracas. Selon l’humeur.
13h30 • ouverture avec Christine Martin et Selma Namata Doyen
14h • échange n°1 :
Le jazz au prisme du genre : transmettre, créer, rendre visibles
Le jazz constitue un observatoire particulièrement éclairant des mécanismes de genre à l’œuvre dans les mondes professionnels de la musique : accès aux instruments, apprentissage, réseaux, programmation, légitimité artistique et fabrication des récits.
Alors que dispositifs d’accompagnement, actions pédagogiques et initiatives professionnelles se multiplient, cette table ronde propose de déplacer la question de la seule visibilité vers celle des conditions qui la rendent possible. Car programmer davantage de musiciennes est une chose ; transformer durablement les mécanismes qui déterminent qui apprend, joue, compose, dirige, transmet et finit par entrer dans l’histoire en est une autre. Comment passe-t-on, en somme, de l’exception visible à une transformation ordinaire du milieu ?
intervenantes : Marine Flèche et Raphaëlle Tchamitchian
médiatrice : Anouk Petitot
15h15 • échange n°2 :
Entre institutions et contre-cultures : quelles politiques d’égalité pour les femmes en musique ?
L’égalité dans les mondes de la musique ne s’est pas construite dans un seul lieu : elle procède autant des politiques publiques que des scènes indépendantes, des collectifs féministes, du punk et des cultures DIY — espaces qui n’entretiennent pas toujours avec l’institution des rapports d’une tendresse excessive.
À partir notamment des trajectoires de deux batteuses issues de générations et de scènes différentes, Christine Martin et Selma Namata Doyen, cette table ronde interrogera ce que les contre-cultures ont permis aux musiciennes d’inventer, mais aussi ce que l’institution peut — ou ne peut pas — reprendre à son compte.
Que devient une politique d’émancipation lorsqu’elle entre dans l’institution ? Et, question légèrement plus embarrassante : que devient l’institution lorsqu’elle la prend au sérieux ?
intervenantes : Christine Martin et Selma Namata Doyen
médiatrice : Laura Hanequand
16h15 • échange n°3 :
Décentrer les regards : nouvelles scènes, nouveaux récits
Penser les rapports entre musique et genre suppose aussi de changer d’objet et de point d’observation. De la figure très sexualisée de la groupie aux politiques féministes et queer qui travaillent aujourd’hui la scène lyrique, les mêmes catégories — artiste, public, œuvre, légitimité, désir — changent profondément de sens selon les répertoires et les institutions.
Cette table ronde propose donc de confronter les cultures de fans et la scène lyrique contemporaine afin d’interroger la manière dont se construisent, circulent et parfois se défont les représentations genrées.
Décentrer le regard, ici, revient aussi à se demander qui l’histoire de la musique a jugé digne d’être regardé — et qui elle a préféré laisser au vestiaire.
intervenantes : Sophie Benard et Marianne Chauvin
médiatrice :Valentine Leboucher