40 ans de rap, selecta bonus magnus

Un disque = une double-page. C’est la loi du livre que Sylvain Bertot réédite et augmente le 25 septembre chez Le Mot et le Reste. Selecta de retour, toujours aussi perso et documentée. Revue de 528 pages de heavy street sugar.

Dj Kool Herc

DJ Kool Herc © DR

Il faut choisir. On aime ou on déteste les listes d’albums, avec des arguments plus ou moins justifiés, mais le bouquin de Sylvain Bertot, Rap, hip-hop – 40 années en 200 albums est définitivement un objet à caler dans sa bibliothèque. Et ce, qu’on soit un newbie comme on disait sur les forums dans les années 2000, ou un fin connaisseur du genre. En parlant de l’Internet d’avant, l’auteur connait bien puisque c’est lui qui anime depuis un paquet d’années le site/blog Fake For Real qui fut, de mémoire d’internaute, l’un des premiers à avoir capté une communauté hip-hop sur la toile en France à cette époque. Du web au papier il n’y a qu’un pas. Franchi une nouvelle fois avec cette édition augmentée. « Dresser une liste des 200 plus grands albums (ou mixtapes) du rap est illusoire », précise avec lucidité Bertot dans le préambule du livre. Il lui a donc fallu imposer quelques critères de sélection, comme la représentativité ou l’esthétique, mais aussi jouer à l’équilibriste. Choisir une seule œuvre d’un même artiste ou groupe n’a rien de simple. Sylvain Bertot complète sa selecta avec un long texte retraçant 40 ans d’un hip-hop qui a tant évolué, et dont la « naissance remonterait aux alentours de 1973, au moment où DJ Kool Herc, important de sa Jamaïque natale le principe du sound system, commença à jouer de ses platines dans les rues délabrées du Bronx ».

40 ans de rap

— Rap, Hip hop, 40 ans en 200 albums (Le Mot et le Reste, nov. 2021)

Fight The Power

par Public Ennemy | Fear Of A Black Planet (1990)

« Dresser une liste
des 200 plus grands
albums du rap
est illusoire. »

Passée les amabilités introductives, place au plat principal : la liste. Organisée de façon chronologique, de 1980 à 2020, elle se présente simplement et astucieusement au lecteur : une double page = un album. De l’est à l’ouest en passant par le sud des États-Unis, la France et même l’Angleterre, les scènes musicales et les époques renaissent avec nostalgie dans ces pages. Même les grosses sucreries certifiées sorties en 2019 ou 2020, comme si c’était déjà loin. Enfin, petit plus dans cet art subtil qu’est la prescription musicale : pour chaque disque chroniqué, des renvois sont proposés vers d’autres œuvres du même artiste mais aussi vers des albums de certains complices. Des repères, du bonus, un guide. On le sait tous très bien quand on fait ce genre de métier : faire des choix, c’est se faire du mal.


Pierre-Oliver Bobo

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