vost, les pelloches
a poncer.

Du jazz et du cinéma, voir et revoir comment les deux cohabitent, débattent ou font chambre à part. Voici un podium à 5 marches où l’image casse les cadres et la musique bat la démesure. Complètement subjectif. Parfaitement chronologique.

selecta by Badneighbour

shadows

1959 – John Cassavetes
musique de Charles Mingus

Benny, Hugh et Lélia sont frères et sœur. Ils habitent à New York et dans le même appartement. Cassavetes les filme au plus près de leurs rêves de gloire, de reconnaissance et de carrières artistiques. Mingus joue lui aussi. Perso, comme d’hab. Immense, inventif et complexe.

anatomy
of a murder

1959 – Otto Preminger
musique de Duke Ellington

Paul Biegler est avocat. Frederik Manion un lieutement de l’Armée. impliqué dans le meurtre de l’homme qui a violé sa femme. Procès. Vérité ? Sans doute davantage dans la BO de Duke, tendue et tranchante, que dans la résolution du film de Preminger. Limite désabusé.

a bout
de souffle

1960 – Jean-Luc Godard
musique de Martial Solal

Michel Poiccard est, comme son nom l’indique presque, malchanceux. Son insolence met à mort un motard et ne peut rien face à Patricia, vendeuse du Herald à Paris. Alors Poiccard fuit avec elle et ce qui lui reste de souffle libertaire. Solal habille ça d’un jazz déjà dépassé mais carrément puissant.

The connection

1962 – Shirley Clark
musique de Freddie Redd

De faux drogués jouant de vrais drogués. Des vrais musiciens toxicos jouants de toxicos répétant sous l’œil d’un faux réal jouant un vrai cinéaste. C’est simple. C’est The Connection, un petit bijou pervers et risqué affrontant l’ennui, l’attente de jours meilleurs et l’urgence qu’il y a vivre. Le jazz qui s’y joue vous vrille les viscères en moins de deux.

Bullit

1968 – Peter Yates
musique de Lalo Schifrin

Franck Bullitt est un policier qui protège un gangster. Fiasco, forcément. Le gangster meurt et les V8 se mettent à ronfler. Lalo Schifrin ne dort pas lui, et vient même sauver une course poursuite grâce à une BO pleine de cuivres insalubres et de secousses magistrales. Maestria.

Autour de minuit 

1986 – Bertrand Tavernier 
musique de Herbie Hancock

Tavernier, fieffé cinéphile, fait son Amérique et se paie le luxe de traquer Bud Powell avec la peau de Dexter Gordon. C’est beau à pleurer, cette déambulation bancale dans les rue d’un Paris où titube même Eddy Mitchell. Beau, beau et drôle à la fois.

Bird 

1988 – Clint Eastwood
musique de Charlie Parker

Eastwood adore le blues. Alors, il fait comme les bluesman. Il reprend des trucs connus pour les arranger à sa sauce. Ici, c’est le portrait de Charlie Parker qui est arrangé. Et Clint de balancer ses obsessions chez les jazzmen. Violence à résoudre, humanité à révéler et cette bonne vieille de faire du sens à plusieurs.

Mo’ Better blues

1991 – Spike Lee
musique de Terence Blanchard, Bill Lee

Bleek Gilliam est un jazzman. Qui joue bien, beaucoup et sans doute trop. Sans voir qu’il va glisser le long du blues bien noir qui guette chacun de ses comparses musiciens. Spike Lee rend à la culture Noire, une part de ce que l’industrie blanche avait thésauriser. Et Denzel Washington s’invite en doublure deluxe de Terence Blanchard et des frangins Marsalis. Got the Blues ? Voyez ceci.

RAY

2004 – Taylor Hackford
musique de Ray Charles

Ray, c’est un biopic. Ça parle de Ray. De Ray Charles même. Jaimie Foxx en livre un égoïste et queutard. Avançant contre le monde et contre lui-même, jusqu’à le monde le rattrape. C’est vintage, bien foutu. C’est joué au cordeau. Pas mal pour un biopic.

Whiplash

2014 – Damien Chazelle
musique de Justin Hurwitz et Tim Simonec

Cruel, compétitif, sanglant, le duo, Terence Fletcher, professeur tyrannique et Andrew, élève ambitieux et perfectionniste. Le môme rêve de devenir le meilleur batteur de jazz de sa génération, un rêve à vous filer des frissons. Whiplash ça s’arrête et ça recommence, avec ce “not my tempo” qui pourrait vous rendre fou.

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