Et voilà l’averse qui tombe. Il n’y a plus de saisons depuis qu’on a fait la bombe. Et dans ce bazar anticyclonique, dans ces modulations d’hectopascals, il est des invariants qui manient l’oxymore renversent la vapeur. Comme ici, avec señor Météo. Nerf solide et regard d’acier.  Ah gla gla qué frigo.

selecta by Mathieu Schoenahl / festival Météo à Mulhouse

Cleveland 2018. Le bitume fond, canicule aoutienne. Prometteur brûlot soul de la nébuleuse Mourning (A) BLKstar. Prince en mode Black Panther. Gdansk, deux heures du matin. Jam funky et moite dans les studios Maska, au sud de l’immense parc qui surplombe la ville, par les quatre musiciens de Bloto. Long Beach, Californie. Jeff Parker gimmicke une inconséquente Batida avec ses comparses du Chicago Underground Quartet. Berlin. Solo asymptomatique de la batteuse Katharina Ernst. NYC. Et bitume cramé encore. Quand passe dessus l’ahurissante rythmique du trio Harriet Tubman. Melvin Gibbs, basse, JT Lewis, batterie. Et la guitare furieuse de Brandon Ross, Round’up sur le reste d’herbes mauvaises. Olhaluai, cathartique chloroquine en sillon développé par le savant fou Rob Mazurek et ses équipes du Sao Paulo Underground Quartet. À Strasbourg, le guitariste Hector J Ayala saisi l’air du temps. Un printemps à l’arrêt, de lents après-midi. Le défilé des joggeurs. Et des mots, justes et beaux, par les mystérieuses Lou Ceylan et Elen Cis. Langueur douce-amère de journées confinées.

Chicago Underground Quartet : Rob Mazurek, Jeff Parker, Josh Johnson and Chad Taylor (de gauche à droite)