cosmos

Tom Juvigny, guitare ⋅ Victor Prost, batterie

rencontre à Belfort, janvier 2020
Galerie Cheloudiakoff. Jazz Session #3

Les Sessions Missionnement.
Groupes soutenus par le Centre Régional du Jazz en BFC

« Vu la taille de l’univers connu, qu’on soit en duo ou à sept milliards, ça ne change pas grand chose. Avec Cosmos, on donne notre vision. C’est grand, immense et fascinant. »

Météores et pulsar, vers l’infini et au-delà. Sur sa route insterstellaire, Cosmos saura quand même asseoir la panoplie réglémentaire de son duo : quelques accords de septième, des mini-breaks de protofunk et d’autres relances frappées sur le cerclage d’une caisse claire.

— rencontre avec Cosmos © David Meugnot (LeBloc/Sparse média)

Cosmos, c’est quoi ? Du jazz cosmique ?
Tom Juvigny : C’est cosmique, oui, mais dans ses thèmes plus que dans son ambiance. Je suis un grand fan d’astronomie depuis que je suis petit. Je me suis basé sur pas mal d’images pour les morceaux que j’ai écrits.

Comment affronte-t-on le cosmos, à deux seulement ?
TJ : Vu la taille de l’univers connu, qu’on soit deux ou sept milliards, ça ne change pas grand chose. Dans Cosmos, on donne notre vision. C’est grand, immense et fascinant. C’est un défi génial à relever avec un set de pédales et un kit de batterie.

Vous parlez beaucoup d’astronomie. Cosmos, c’est du jazz de geeks ?
Victor Prost : Je n’y connaissais pas grand chose, et je me suis fait happé par les arguments de Tom. Les principes intellos restent au niveau de l’écriture, après la musique, elle, reste très accessible.

Comment vous gérez le paradoxe de vouloir, comme vous l’indiquer, comprendre le monde qui vous entoure, en vous envolant dans l’espace ?
TJ : On relativise. Comme on voit l’actualité, et sans doute ce qui finira par arriver, s’intéresser à l’espace aide à relativiser. J’espère que ce projet peut donner envie aux gens d’y intéresser et leur donner à voir combien on est petit. Et, relativisant, on finit par trouver sa place.

Choix d’un line-up sans basse ?
TJ : Une de nos grandes influences a été le trio Real Feels de John Raymond : trompette, guitare et batterie. J’ai repris le set-up du guitariste, branché à la fois dans un ampli guitare et dans un ampli basse.

Votre duo est fait de deux intrus solos et, qui plus est, deux intrus qui remportent souvent la mise côté 06. Volontaire ?
VP : Il y avait le challenge de sonner comme un groupe complet. On s’est beaucoup interrogés quant aux concepts et aux modes de jeu à utiliser, en sondant tous les possibles et ça a donné ce répertoire assez varié mais très uni.

Est-ce que parfois il vous manque une couleur ou alors est-ce le soulagement de se dire, tout va bien, on a de la place, on n’est que deux ?
TJ : On mise tout sur le duo guitare/batterie et c’est assez génial pour composer des ambiances très différentes. On n’a jamais manqué de rien. On a réfléchi a ce que chaque composition puisse avoir un univers propre qui soit intéressant à joue à deux.

Vous parlez de Cosmos, comme d’un duo de jazz hybride. À priori, le jazz est hybride depuis son origine. Cosmos est encore plus hydride ?
VP : On a des formes de jazz classiques où on expose un thème puis on improvise autour. Mais il y a d’autres façons de jouer qui peuvent se rapprocher de la chanson, de la musique répétitive ou de compositions très écrites. La présence de l’électronique et des boucles vient renforcer cet aspect hybride.

On dit que le cosmos est infini. Et Cosmos, le groupe ?
TJ : il nous reste à un paquet de possibilités à découvrir.
VP : Après cette tournée, il faudra être capable d’aller plus loin.

— photos © Florian Jannot-Caeilleté / CRJ (2020)

• Propos recueillis par Guillaume Malvoisin à Belfort, le 31 janvier 2020, lors de la Jazz Session #3.
Cosmos est une des formations missionnées en 2020 par le Centre Régional du Jazz en BFC.  + d’infos.

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