A Wonder Plane To…

Nilok4tet & Daniel Zimmermann (2019).

by | 25 Nov 2019 | disques

Derrière son titre-programme aéronautique, la dernière galette du Nilok4tet est donc la suite de A Wonder Plane. Certes, mais elle se paie surtout le luxe d’ajuster tout planisphère à sa propre mesure. La petite bande du Nilok défie les canons du jazz, en cours aujourd’hui, avec des obsessions fraternelles et sans âge. Ça convoque le joli mois de mai avec 68 l’été, ça évoque Welles, les B.O. du nouvel Hollywood avec Au cœur du mal et Runn. À propos de cinoche, le Nilok joue un jazz d’action comme il existe un cinéma d’action. Les deux morceaux cités plus haut s’inscrivent dans ce mouvement et tracent parfaitement les limites du projet quadrillé par Colin Jore (compositions, contrebasse, basse, programmations), Yvan Picault (sax ténor, flûte, clarinette basse), Fabien Duscombs (batterie) et Xavier Gainche (piano, Fender Rhodes, orgue). L’album est confort dans ses ruptures au cordeau, aventureux dans ses larges développements lyriques. Le blueprint du Nilok s’invente au fil de chaque morceau. Il faut écouter, pour cela, Naseaux Inquiétants qui doit sans doute moins à Bilto qu’au National Geographic. Prenant pour mètre étalon le monde entier. Rameutant Daniel Zimmermann, le quartet vole en classe affaire et en long courrier, et balance A Wonder Plane… haut. Très haut, loin haut-dessus de tout nid de coucou. C’est hors de mode, c’est hors du temps. Ça se joue ici et maintenant. Et c’est pétri d’un groove soudé à la main pour se river à vos oreilles pour longtemps. Parfait pour attendre les prochains soubresauts populaires.


⊗ Guillaume Malvoisin
photo © Chez Lily

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— graphisme © Jean Mosambi

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